mercredi 12 août 2020

ATD Quart Monde c'est quoi?

ATD Quart Monde ce sont des milliers de femmes et hommes qui luttent au quotidien partout dans le monde pour éradiquer la misère.

lundi 22 juin 2020

Prier avec confiance

Ne pas prier en se montrant pour se faire valoir aux yeux des autres

"Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre, la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra". (Mt 6, 6)

Ne pas prier en rabâchant, Dieu n'est pas sourd. Il ne dort pas

(se rappeler comment le prophète Elie sur le Mont Carmel)
"Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens; ils s'imaginent que c'est à force de paroles qu'ils se feront exaucer." (Mt 6, 7) 

Votre Père sait ce don vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. (Mt 6, 8) 

La vraie prière vient du fond du coeur

Prier avec persévérance 
Comme la veuve qui veut absolument obtenir justice. Le juge auquel elle s'adresse ne veut rien savoir mais finit par céder

"Je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne pas sans fin me casser la tête. (Luc 18, 1-8) 


Une prière communautaire

Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. (Mt 18, 20)   

La certitude d'être exaucé

Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous arrivera. (Jn 15, 7)

Pourquoi prier et comment?


samedi 9 novembre 2019

Abus sexuels et cléricalisme

Faire la vérité
" Nous, jésuites, encourageons les victimes à témoigner " La Compagnie de Jésus en France a publié, mercredi 3 juillet [2019], un appel dans lequel elle encourage les victimes de jésuites à se faire connaître de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église et de sa propre cellule d’écoute.
Son provincial le père François Boëdec explique en quoi ces témoignages sont importants, pour les victimes, pour l’Église et pour la Compagnie elle-même. (Relevé dans la Revue Etudes, avril 2019, article de Hervé Legrand) 

On revient de loin
Dans l’Eglise, les laïcs ne semblent jouir que des droits revenant à des citoyens étrangers, résidents et protégés ; les clercs seuls y jouissent de la pleine citoyenneté. Ce code [le Code de droit canonique de 1917, en vigueur depuis 1983].
Ce Code ignore le peuple de Dieu en son unité, car il ne connaît que des laïcs subordonnés en tout aux clercs qui leur sont supérieurs jusque dans la mort. Ce Code est le reflet fidèle de l’ecclésiologie de l’époque, tel que saint Pie X l’expose dans une encyclique adressée à l’Eglise de France :
« L’Eglise est par essence une société inégale, c’est-à-dire comprenant deux catégories de personnes, les pasteurs et le troupeau […]. Ces catégories sont tellement distinctes entre elles que, dans le camp pastoral, seuls résident et le droit et l’autorité nécessaire pour diriger les membres de la société ; quant à la multitude, elle n’a d’autres droits que celui de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses pasteurs. » (Revue Etudes, avril 2019, article de Hervé Legrand,

« Sur le plan de la foi, l’évêque est docteur. Le dialogue entre l’évêque et les laïcs chrétiens est certes possible, mais le laïc ne peut qu’être enseigné, que recevoir. Il est pris en charge par la hiérarchie. C’est un signe de comportement adulte que d’accepter sa condition » ibidem. (citation de « Masses ouvrières, janvier 1960, p. 7) 

Une Eglise avec un visage non de grandeur et de domination
« Il y a cent ans (1905), en France, l'Église s'est insurgée parce que le pouvoir politique allait l'obliger à être pauvre. Et cela s'est transformé en bien pour elle. Aujourd'hui l'Église qui, à nouveau, sous l'influence de Jean-Paul II, se voulait maîtresse de vérité et de morale, dans son désir de briller aux yeux des hommes par le retour aux pompes et aux ors, se trouve humiliée parce que son vrai visage se trouve rendu public, bien malgré elle. 
Cette situation, ressentie comme une humiliation ou une attaque démoniaque, peut se transformer en réelle humilité et permettre à l'Église de donner au monde un visage non de grandeur et domination, mais le visage du Christ au Jourdain et sur le chemin de la Croix. »
 (https://baptises.fr/content/je-ne-demande-pas-a-leglise-detre-parfaite) 

 « Le scandale de la pédophilie dans l’Église n’est pas qu’une crise de plus.
« Cette fois, la crise est intérieure. L’Église n’est pas attaquée par un ennemi extérieur. C’est le cœur même du système qui est touché » écrit Christine Pedotti (p. 111).
Quel est ce système ? C’est celui que l’Église a mis en place lors de
la contre-réforme et qui repose sur la personne du prêtre. Ainsi « tout tient sur le clergé… Les trois grandes fonctions de l’Église sont concentrées entre les mains des seuls prêtres de façon totalement exclusive. Ce sont eux qui célèbrent le culte, eux qui ont le privilège de l’enseignement et de la prédication, eux encore qui disposent de l’autorité, qui décident et gouvernent. Célébrer, enseigner, gouverner ; tout est dans les mains d’une minorité, hommes et célibataires, distingués du reste du peuple… » (p. 112). "Qu’avez-vous fait de Jésus ? – Lettre à ceux par qui le scandale est arrivé"
Par Christine Pedotti (Éd. Albin Michel, 2019, 180 pages, 15€)

dimanche 22 septembre 2019

A propos de l'Europe (avant les élections européennes)

UTOPIE "Il n'y a pas si longtemps, l'utopie aurait pu se décliner ainsi: les voitures intelligentes roulent sans conducteur, la pauvreté régresse de façon spectaculaire dans le monde, plus de la moitié des humains sont connectés, l'Union européenne élargie est devenue l'une des plus grandes puissances mondiales, l'Afrique est en face de développement spectaculaire, la Chine est l'un des partenaires économiques majeurs des Occidentaux, pratiquement toute la planète se retrouve pour la protection des grands défis du XXIe siècle, à commencer par la lutte contre le réchauffement climatique, etc." Nicole Gnesotto, "L'Europe indispensable" CNRS Editions  

 CAUCHEMAR
"Le cauchemar de son côté aurait pu ressembler à cela: la Chine et les Etats-Unis optent pour la confrontation, l'Europe se désintègre, la violence terroriste et étatique, les classes moyennes occidentales s'appauvrissent, les régimes autoritaires mettent à mal la démocratie, y compris l'Europe, l'Amérique fustige le système multilatérale qu'elle avait elle-même mis en place dans l'immédiat après-guerre, la vie privée n'existe plus et les données personnelles sont devenues les vraies marchandises du commerce numérique, le réchauffement climatique devient sans contrôle et met à risque des millions d'individus dans le monde, etc." ib p.7) 


Chute de l’URSS Lorsque l’URSS communiste disparaît en 1991, lorsque l’Allemagne se réunifie et que toutes les anciennes possessions occupées par l’empire soviétique se libèrent pour rejoindre les démocraties et les institutions européennes, c’est un autre monde qui s’installe sur les décombres de la guerre froide : la petite Europe des 12, solidaire, chrétienne, riche et prospère, totalement déconnectée du monde sous le protectorat des Etats-Unis, cette petite Europe idéale disparaît. Définitivement. (ib p.8) 

CHINE Simultanément, à l’autre bout du monde, une même frénésie de changement affecte le monde communiste : la Chine s’ouvre au marché et adopte le système d’économie libérale occidental. (ib p.8) 

 UNION MONETAIRE 
Zone euro: « la crise internationale de 2008, puis celle des dettes publiques en Europe ont mis au jour les défauts de fabrication de l’union monétaire. Et notamment l’absence d’un budget européen commun en face de la monnaie unique, qui aurait permis d’organiser un développement harmonieux de la zone euro, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. En outre les politiques budgétaires sont restées gérées au niveau national et elles ont également divergé car les pays n’ont pas respecté le ‘règlement intérieur’ du pacte de stabilité et de croissance. Les économies ont elles aussi vu se creuser de grands écarts de compétitivité, des coûts du travail, et de systèmes sociaux… » (Céline Schoen, dans LaCroix 9/5/19) 

 « La mondialisation
enrichit globalement le monde mais elle accroît les différentiels de richesse entre des gagnants et des perdants d’une part ; elle rapproche les individus, les réseaux, les modes de production et de consommation, autant qu’elle divise les Etats, oppose les références culturelles, exaspère les crispations identitaires, d’autre part. » Nicole Gnesotto, "L'Europe indispensable" CNRS Editions p.10)
« La peur de la paupérisation fait désormais partie intégrante du paysage politique européen, avec toutes les conséquences que l’on peut en déduire : nostalgie du passé et valorisation des nations, adhésion aux idéologies les plus radicales contre l’Europe, la mondialisation des élites, l’étranger, dénonciation de l’impuissance ou de la complicité d’une Union européenne oublieuse des peuples européens, etc. » (ib. p. 12) 
« elle (l’Europe) doit prendre en compte cette foule de citoyens que la mondialisation malmène, ou qui sont persuadés que leur destin est celui d’une paupérisation inévitable. » ib. p. 37 

 « La seconde contradiction 
est plus évidente car immédiatement visible : la mondialisation unifie la scène économique et financière, mais la mondialisation politique n’existe pas. Le marché est mondial, la politique est fragmentée. etc. » (ib. p. 12)  
« C’est cette absence d’unification politique par les marchés qui rend caducs tous les rêves de paix universelle et de conversion culturelle aux canons de l’Occident. » (ib. p 13)  
« C’est ce sentiment de vulnérabilité économique des classes moyennes, cette résistance identitaire face à face à la l’unification des modes de production et consommation qui suscite autant de volonté de reconquête des souverainetés. » (ib. p 14) (ib p.8)
« L’Europe ne s’est pas réformée, elle n’a pas compris d’ailleurs qu’il fallait se réformer très vite, et que la mondialisation galopante ne lui permettrait plus de fonctionner sereinement sur les mêmes bases. » ib. p. 36
« les citoyens découvrent soudainement que l’Europe de délivre plus la prospérité de naguère, tout comme l’OTAN a du mal à assurer la sécurité de tous. » ib. p. 36

Moyen Orient
 « Sans l’intervention américaine de 2003 contre l’Irak, déclenchée par George W. Bush et soutenue par le gouvernement de Tony Blair, le Moyen-Orient ne serait pas en effet dans l’état de décomposition qui le ravage aujourd’hui, pas plus que l’Iran ne serait devenue cette puissance qui inquiète. Daesh est né d’une crise politique en Irak et en Syrie et de la haine des islamistes intégristes contre l’Occident ? » (ib. p. 17) 

Les Européens et les Américains
« Les Européens ont sans aucun doute péché par excès d’optimisme à l’égard de la Russie post-soviétique. Par excès de suivisme à l’égard de leur allié américain. » (ib. p. 18) 
Le président Trump dénonce en effet le multilatéralisme sous toutes ses formes: retrait de la COOP21 sur la climat, critique de l’OMC avec blocage sur la nomination des juges de l’instance, sortie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, retrait du traité de 2015 sur le nucléaire avec l’Iran, retrait du traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI). Ira-t-il jusqu’à mettre en cause l’OTAN?” ib. p. 40 
 “la construction d’une souveraineté européenne dans le monde ne peut se réduire à la seule dimension militaire. D’abord parce que beaucoup d’atteintes possibles à la sécurité des Européens ne sont pas des menaces militaires.” (exemples nombreux indiqués) ib. p. 40 

Immigration
« c’est l’étranger-musulman-assisté-social-accueilli-et-payé-par-l’Europe’ qui devient la cible privilégiée de la réaction souverainiste et identitaire. Et c’est l’Union européenne la coupable aux yeux de milliers d’Européens : coupable de l’ouverture des frontières économiques à la mondialisation et coupable de l’ouverture des frontières géographiques aux réfugiés et à toute la misère du monde. » ib. p. 18  
« Nous avons failli, collectivement, Etats membres et institutions européennes, dans la gestion des réfugiés. Nous avons failli également dans la prise ne compte des inégalités croissantes et des nouvelles vulnérabilités sociales qui accompagnent la mondialisation. Nous n’avons pas su voir, que sur la base d’une population européenne vieillissante et en diminution constante, périodiquement traumatisée par des violences terroristes imprévisibles, un duo infernal allait engendrer le pire des poisons : l’alliance entre l’austérité économique collective (les réformes structurelles) et le chacun pour soi politique (sur les réfugiés). ib. p. 43 

Démocratie
“Aurait-on jamais pensé, au début de la crise économique de 2008, que la démocratie pouvait être en danger en Europe? Evidemment non. A l’époque, juste avant la crise, l’euphorie était plutôt de mise […] Or, en une décénie, l’euphorie s’est renversée: la démocratie s’avère soluble dans la mondialisation et l’Union européenne, comme les Etats membres, ne sont pas des rocs intangibles.” ib. p. 42  


lundi 12 août 2019

LE BURKINA FASO présenté par le Père Jean Doamba


« Venez découvrir les richesses culturelles, spirituelles et humaines d’un pays situé au cœur de l’Afrique occidentale. »

Mercredi 21 août 2019

à la salle paroissiale 

à 20 heures



mardi 30 juillet 2019

Le Père Jean Doamba, chez nous cet été, se présente

LA SOUTANE ET LE MEDICAMENT

Je me nomme le Père Jean DOAMBA, originaire de l’archidiocèse de Ouagadougou (BURKINA FASO). Ordonné prêtre le 2 juillet 2005, je suis depuis le 2 juillet 2019  à la paroisse saint Jean XXIII de TARARE pour une mission d’été jusqu’au 12 septembre 2019.
Actuellement dans mon diocèse, je suis affecté dans l’hôpital Paul VI. J’y suis depuis octobre 2012.

L’hôpital Paul VI

Notre hôpital est une structure sanitaire appartenant à l’Archidiocèse de Ouagadougou. Il est le fruit de la générosité des chrétiens italiens suite à l’appel du Pape Paul VI lors du Congrès Eucharistique de PESCARA (1977). 
Depuis ce temps, la structure s’agrandit grâce à plusieurs facteurs (générosité des donateurs, la fréquentation des patients, sa notoriété grandissante et surtout l’amélioration de la gestion administrative et financière). Il compte actuellement 183 lits et le nombre d’agents est  481 dont 74 agents payés par l’Etat burkinabé.

Ma mission à l’hôpital

Après des études en la gestion pharmaceutique à l’Ecole Nationale de la Santé  Publique (ENSP), ma mission dans cette structure sanitaire se regroupe en trois rubriques  :
o Une animation spirituelle dans le centre hospitalier à côté de l’aumônier catholique  ; un programme de messes et de visite des malades catholiques est organisé.
o Une aide dans la gestion administrative et financière auprès de mes confrères prêtres. Nous sommes quatre prêtres à y travailler.
o Une gestion des consommables et produits pharmaceutiques pour le fonctionnement des différentes unités de soins et pour le dépôt pharmaceutique  : dans nos pays, il n’y a pas d’assurance médicale pour la majorité des Burkinabè. Chaque patient honore ses frais de consultation, de médicaments et d’hospitalisation. Ainsi notre mission consiste surtout à disponibilité les médicaments pour les patients qui fréquentent la structure.
Dans nos pays en voie de développement, les médicaments génériques ou les spécialités médicamenteuses sont toujours importés des firmes pharmaceutiques d’autres pays par des centrales d’achat nationales. La gestion consiste à rentrer en contact avec ses grossistes locaux pour trouver les consommables et les médicaments  ….tâche pas facile parce qu’il faut aller vite à la recherche de la qualité et de la quantité en fonction de la fréquentation de la structure.

La santé au Burkina

Le Burkina est un des pays en voie de développement et qui essaie par tous les moyens d’améliorer les conditions sanitaires de sa population  ; l’Eglise catholique qui a plusieurs vocations s’est engagée à côté de l’état pour combattre les maladies. Et elle compte toujours sur l’aide des personnes de bonnes volontés pour l’accomplissement de cette tâche. Car la majorité de la population ne bénéficie pas des assurances sanitaires comme en France.
Ainsi je vous prie de vous réjouir de cet acquis qui est trésor inestimable  : la santé n’a pas de prix mais a toujours un prix salé à payer pour les plus pauvres de nos pays.

Voici le site de l’hôpital Paul VI  : www.hopitalpaul6.org// www.cmapaul6.org
Mes contacts  : -  email  : doamjean@yahoo.fr
     -Téléphone ( France)  : 0605880638
                -Téléphone (Burkina Faso) 00226 70168602
Je traduis ma reconnaissance au diocèse de Lyon pour l’accueil et l’hospitalité.
Merci aussi à vous pour tout ce que vous ferez pour notre mission (prière, don de matériels et de consommables… ) au sein de cette structure hospitalière qu’est l’hôpital Paul VI.
Que Dieu vous bénisse abondamment  !


     

mercredi 10 avril 2019

Auvergne-Rhône-AlpesPuy-de-Dôme Puy-de-Dôme : sensibiliser les plus jeunes aux dangers d’internet

Internet et les réseaux sociaux sont devenus incontournables, notamment chez les plus jeunes, qui n'en maitrisent pas toujours les usages. Investigateur en cybercriminalité à la direction de la sureté publique du Puy-de-Dôme, Gilles portes fait de la prévention en la matière.

Afin de rassurer, mais surtout de sensibiliser les jeunes sur l’usage d’internet, Gilles Portes, investigateur en cybercriminalité à la Direction départementale de la sécurité publique du Puy-de-Dôme propose régulièrement des interventions dans les établissements scolaires. Car si aujourd’hui, tous les jeunes sont confrontés au net et aux réseaux sociaux, ils se lancent souvent sans avoir eu de mode d’emploi. Un constat qu’il déplore.
"C’est une formation qui se fait sans assez d’adultes qui les entourent. Souvent les parents sont dépassés et n’ont même pas conscience de ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Je pense que malheureusement, ces générations apprennent dans la douleur ".

Ne jamais envoyer ses papiers d’identité,
ne jamais donner son adresse,
ne payer ses achats que via des transactions sécurisées… 


et surtout ne pas hésiter à alerter un adulte référent ou à même se rendre au commissariat en cas de danger: voilà les conseils que Gilles Portes délivre aux jeunes.
"Demandez-vous toujours si ce que vous faites sur internet, vous le feriez dans la vraie vie". Car sur internet, les cas de harcèlement et les arnaques sont nombreuses. Proies faciles, les jeunes se sentent alors pris au piège et ne savent pas toujours comment réagir.

Autre piège potentiel pour ces jeunes, l’addiction. Un piège qui là encore peut être évité en faisant simplement preuve de bon sens, comme le rappelle Gilles Portes : « Essayez d’avoir du recul et de vous déconnecter de temps en temps. Et demandez-vous toujours si tout ça a vraiment autant d’importance que ce que vous pensez ».

Article de Valérie Riffard relevé sur le site de Auvergne-Rhône-Alpes (Voir l'adresse ci-dessous)



 https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/puy-dome-sensibiliser-plus-jeunes-aux-dangers-internet-1652016.html#xtor=EPR-521

mercredi 3 avril 2019

Pour une Eglise de France sur ses deux pieds

« À la messe, changez de place, a indiqué mon curé comme effort de Carême. Ne hantez pas toujours le même bas-côté. » On voit le but : sortir des habitudes et faire mieux communauté. Pas si facile… et cependant, dans la crise ecclésiale actuelle, on peut penser qu’il faut aller plus loin : « changer de place », c’est poser également la question de la représentation du laïcat en France, dans sa mixité et sa pluralité, et examiner si rien ne pourrait être fait pour faciliter sa prise de parole et sa participation.

En effet, pour des raisons historiques et structurelles, ce n’est pas simplement la gouvernance, mais aussi l’expression et la représentativité de l’Église qui semblent cantonnées aujourd’hui dans l’orbe ecclésiastique. Inachevé en 1870 à cause de la guerre européenne, le concile Vatican I n’avait eu le temps que de renforcer le pouvoir centralisateur romain et la stature spirituelle du pape.

Non sans effets positifs, juste avant l’âge des sécularisations, des nationalismes et des totalitarismes : c’est parce qu’elle était plus reliée à Rome que jamais que l’Église de France put ainsi s’adapter assez aisément après 1905 à sa séparation d’avec L’État. Et les consciences ont bien souvent, depuis, trouvé réconfort et lumières dans l’aura et l’universalité pontificales.

Vatican II, un concile sans les laïcs


Le concile Vatican II, ensuite, vint aussi renforcer le pôle épiscopal. De 1962 à 1965, les pères conciliaires passèrent trois mois à Rome chaque année. Mais le clergé de base et le laïcat restèrent spectateurs de ce grand brainstorming : le Concile parla des laïcs… sans eux. Du côté du laïcat et de ses militances, cette position spectatrice fut certes contestée : il y eut de la surenchère réformatrice ou antiréformatrice jusqu’en 1975, puis vint la démobilisation. Lors des conciles précédents, les décisions ecclésiastiques avaient toujours rencontré des interfaces, parfois des contrepoids, dans la société : celles du concile de Trente au XVIe siècle avaient dû ainsi se faire « enregistrer » par les puissances laïques – princes, parlements, universités…



Mais le contexte nouveau de liberté religieuse en Occident permit aux pères de Vatican II d’achever le desserrement des liens avec l’État – précieuse liberté, qui laissait cependant l’institution ecclésiastique flottante et sans ancrage du côté du monde séculier. Tandis que l’institution des synodes et celle, en 1966, des conférences épiscopales augmentaient sensiblement la place des évêques dans la gouvernance générale, l’usure et le large démantèlement dans les années 1970 des divers mouvements de l’Action catholique achevaient de disperser tout laïcat organisé.

Par le baptême, « nous sommes l’Église »


Or, les failles et les ressentiments qui s’observent aujourd’hui l’attestent : l’économie actuelle de notre Église, à l’échelle nationale comme à celle diocésaine, souffre de cette organisation déséquilibrée. Par le baptême, « nous sommes l’Église » ; on nous l’a souvent répété au catéchisme : ce n’est pas l’Évangile seulement, c’est l’Église également, qui nous est trop précieuse pour que l’on puisse entièrement abandonner son souci et sa responsabilité aux seules institutions ecclésiastiques. Il faut dès lors réaménager des interfaces selon des modalités nouvelles.

Modalités nouvelles… sans être pourtant révolutionnaires ni bouleverser l’ecclésiologie communément partagée ; il existe par exemple en Allemagne depuis plus de cent cinquante ans une institution laïque dont nous n’avons pas l’équivalent en France et qui pourrait nous servir de guide : le « Comité central des catholiques allemands » (ZDK), qui représente le laïcat auprès de la Conférence épiscopale comme dans l’espace public. Ses origines remontent au milieu du XIXe siècle, lorsque la minorité catholique dut se défendre contre le Kulturkampf bismarckien. Le ZDK intervient dans les débats ecclésiaux, sociétaux ou œcuméniques et sert d’interlocuteur aux partis politiques.

Une structure qui a le mérite d’exister
Il organise les fameux Katholikentage, journées de réflexion qui réunissent plusieurs milliers de catholiques. En quête de représentativité, ses 230 membres des deux sexes sont désignés de trois manières : délégués des mouvements et œuvres catholiques ; délégués des laïcs membres des conseils diocésains ; personnalités qualifiées de la société civile et aptes au travail commun.

Ce n’est qu’une structure : elle n’est donc pas parfaite. Sa représentativité a parfois été contestée ; ses liens étroits avec l’épiscopat n’ont pas toujours empêché les déphasages ou les tensions. Ce n’est qu’une structure, guettée en tant que telle par la rigidité ou la bureaucratie – et ni à l’époque nazie où elle fut suspendue, ni face aux effets de la sécularisation, elle n’a fait de miracles. Ce n’est qu’une structure, mais elle a déjà le mérite d’exister. Sans préjuger ici des adaptations nécessaires, l’heure ne serait-elle pas venue de doter l’Église de France d’une institution comparable, pour qu’elle puisse un peu mieux marcher sur ses deux pieds ?
(article de Michel Fourcade paru dans le journal La Croix, le 1er avril 2019)


https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Eglise-France-deux-pieds-2019-04-01-1201012691

dimanche 3 mars 2019

Nouvelles congrégations religieuses au XIX° s.

 Dans ce sol de la vieille Europe chrétienne, tant labouré et arrosé par le sang des témoins sacrifiés, ce ne sont pas seulement les rejets des vieilles souches qui surgissent.  L'apparition de congrégations nouvelles est un des faits caractéristiques de la période : apparition? mieux, prolifération, saint pullulement, pléthore !
Il n'est pas une seule année, de 1815 à 1870, où l'on n'enregistre la naissance d'un de ces groupements, masculins et féminins, qui, sous un habit également neuf, selon des constitutions particulières, se dévouent au service de Dieu. 
Chez les femmes, le phénomène prend une telle ampleur qu'un mot malicieux courra: parmi les choses qu'en dépit de son omniscience le Bon Dieu ignore, il y a... le nombre des congrégations féminines. Ce mouvement est d'ailleurs encouragé par Rome, spécialement par le cardinal Bizzarri qui, sous Pie IX, dirige la Congrégation des religieux. 
Il faut l'avouer : il n'est pas commode de se repérer au milieu de toutes ces formations dont les désignations trop souvent se ressemblent. Hormis les spécialistes, bien peu de catholiques sont capables d'expliquer ce qui les distingue, moins encore de rattacher correctement une congrégation au nom de son fondateur.  Faire la différence entre des Marianistes, des Maristes, des Frères Maristes, des Oblats de Marie Immaculée, des Pères du Saint et Immaculé Coeur de Marie, n'est pas facile, et pas davantage de situer dans leurs justes perspectives les Sœurs de l'Assomption, les Petites Soeurs de l'Assomption, les Oblates de l'Assomption et les Orantes de l'Assomption ! D'autant que les vieux ordres suivent l'exemple: les Dominicaines finiront par avoir trente et une branches ou congrégations !


Signe d'individualisme que ce foisonnement de petites congrégations? 
Peut-être : mais aussi désir de répondre à des besoins accrus et diversifiés, par une spécialisation très poussée.  Ce qui n'empêche pas un grand nombre de ces fondations nouvelles d'être « pluralistes », à la fois, par exemple, enseignantes et charitables, comme l'ont été, depuis plus de deux siècles, les filles de Monsieur Vincent, sans oublier les vocations missionnaires, dont on a vu l'importance. 
Immense, impressionnante moisson pour Dieu, où les ouvriers et ouvrières affluent : la France en est alors le champ le plus fécond, mais suivie par l'Italie, la Belgique, l'Espagne et même les États-Unis et le Canada.  Un des aspects de l'Église de nos jours se prépare alors.

Chez les hommes,
les fondations nouvelles se constituent moins sur le modèle des grands Ordres anciens, que des Congrégations postérieures au Concile de Trente, et surtout des Compagnies de prêtres, formule souple et très favorable à une action multiforme.  Le terme d'Oblats est fréquemment utilisé, bien qu'il désigne souvent non pas, selon la définition, « des laïcs qui s'agrègent à une communauté religieuse en lui faisant abandon de leurs biens », mais de véritables religieux, ayant prononcé des voeux, ordinairement prêtres. 


Les Frères, leur multiplication
 A côté de ces formations, - autre fait caractéristique qu'on a déjà noté dans le domaine missionnaire, - surgissent et se multiplient celles des Frères, religieux qui ne sont pas prêtres, mais qui n'en servent pas moins Dieu et l'Église dans toutes les tâches apostoliques, selon la formule popularisée par saint Jean-Baptiste de la Salle: leur action, notamment en matière d'éducation, est de première importance. (…)
Certains se sont spécialisés dans la formule nouvelle des « patronages » qu'on a vus naître en 1845, avec les Fils de Saint-Vincent-de-Paul de l'abbé Le Prévost,  la grande majorité se consacrant à l'école et parmi eux une majorité de Frères :
Frères Maristes du P. Champagnat, Frères de l'Instruction chrétienne, dits de Ploërmel, du cher Jean-Marie de Lamennais, Frères du Sacré-Coeur du P. Coindre, Frères de la Doctrine chrétienne de Nancy, de Dom Fréchard, Clercs de Saint -Viateur, du P. Querbes, dont le succès au Canada sera considérable, et Frères des Écoles chrétiennes de la Miséricorde, et Frères de la Sainte-Famille de Belley, du Frère Gabriel Taborin, et Frères de Sainte-Croix-du-Mans, et Frères de Sainte-Croix-le-Rougé...
Turba Magna, eût dit l'abbé Bremond.  Encore faudrait-il ajouter ceux qui, s'occupant plus spécialement d'orphelinats, relèvent peut-être plus de la charité que de l'éducation.  Et encore faudrait-il ne pas oublier les Christian Brothers et les saint Patrick's Brothers d'Irlande, et surtout ceux qu'on verra en Italie naître à l'appel de deux des grands saints de l'époque, Joseph Cottolengo et Jean Bosco ! Parmi tant et tant de fondateurs, aux vertus éclatantes, et que l'Église a souvent reconnus, toute velléité de choix se décourage d'avance. 

On aimerait cependant en mettre à part un, en raison d'une intuition qu'il eut, remarquable : le P. d'Alzon (1810-1880) qui, en fondant ses Assomptionnistes (auxquels s'ajouteront plusieurs branches féminines), ne les orienta pas seulement vers l'enseignement et les missions en terres païennes mais leur proposa un des plus grands moyens d'apostolat du temps présent : la presse.


Chez les femmes, 


la complexité est encore plus grande, nombre des fondations ne dépassant pas le cadre d'un diocèse, voire d'une paroisse, et les désignations étant encore plus voisines les unes des autres.  Ce n'est pas à dire que les fondatrices et les fondateurs n'aient pas des individualités fortes, et bien différenciées : plusieurs apparaissent même comme des figures puissantes, et leur existence, que de nombreux livres nous font connaître, sont pleines de hautes leçons spirituelles.
(Daniel Rops, Histoire de l’Eglise Tome X, l’Eglise des Révolutions , Ed. Fayard  (Rops): p. 902 sq)


dimanche 24 février 2019

Jean Pierre Winter : La GPA,« une histoire vécue comme un abandon »

Jean-Pierre Winter, psychanalyste, s’inquiète de la chosification des enfants et des effets de la GPA sur leur épigénétique.


« La GPA est vécue par l’enfant comme un abandon. Quand il aura l’âge de poser la question “d’où viennent les bébés ?”, il va s’entendre dire, directement ou indirectement, qu’il a été pendant neuf mois dans le ventre d’une femme qui n’est pas celle qui s’occupe de lui, et qu’elle a décidé de l’abandonner. À un moment donné, l’enfant va nécessairement ressentir qu’il a fait l’objet d’un marché, qu’il est un produit avec une valeur marchande, et se demander : “Qu’est-ce que je vaux ?” 

Le rôle de l’épigénétique

Ce statut d’objet a quelque chose d’extrêmement humiliant. J’ai perçu ce sentiment chez des enfants nés de GPA, sauf qu’ils ne peuvent pas l’exprimer car il existe un interdit social de dire que les conditions de la conception peuvent être la cause du problème. Un jour, une petite fille que je voyais en consultation m’a demandé : “N’y a-t-il pas des moyens plus simples pour faire des bébés ?” Un enfant se compare à la façon dont les autres ont été conçus. Elle se sentait dans un statut de différence. Cela produit de la fixation sur l’origine.
On sait aujourd’hui, grâce à des études sur l’épigénétique ( Étude des régulations de l’activité des gènes), que le développement du cerveau du bébé dépend de la femme qui le porte et que les cellules fœtales restent dans le sang maternel pendant au moins vingt-sept ans. Or l’enfant né par GPA ne peut pas reconnaître sa mère d’intention ni par son odeur, ni par sa voix, ni par tout ce qui est lié à l’épigénétique. L’enfant sent qu’elle est une étrangère, exactement comme un enfant adopté à qui on n’a pas raconté son histoire le sait. Or, un enfant a besoin de savoir que la personne à qui il s’adresse est quelqu’un qui pense son existence, sinon il se sentira inexistant. »

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Ethique/Jean-Pierre-Winter-GPA-une-histoire-vecue-comme-abandon-2018-11-12-1200982587?from_univers=lacroix

dimanche 17 février 2019

Histoire de l'Eglise: Prêtres français aux Etats Unis au XIXe s.

L'implantation des Sulpiciens aux Etats-Unis devait être aussi décisive pour la jeune Église américaine qu'elle l'avait été pour l'Église canadienne au siècle précédent.  Bientôt ils furent douze.  Bientôt aussi ils furent rejoints par des prêtres que chassaient de France les mesures terroristes et de Saint-Domingue l'insurrection de Toussaint Louverture : au total une centaine de 1791 à 1815
La plupart de ces émigrés étaient des hommes de haute valeur morale et de culture.  Ils s'établirent un peu partout dans les territoires de l'Union et partout y firent de l'excellent travail.  Moins de vingt ans après la nomination épiscopale de Mgr Carroll, la situation du catholicisme aux U.S.A., était entièrement changée.  Et Rome, consacrant cet état de fait, créait en 1808 la Province ecclésiastique de Baltimore, dont l'archevêque avait quatre suffragants, New York, Philadelphie, Boston, Bardstown.


Ainsi, parmi les « Pères » de l'Église américaine figure un lot brillant de Français.  L'historien américain Théodore Maynard leur a attendu cet hommage :
« Il est difficile d'imaginer ce que serait devenue l'Église sans ces prêtres savants, vertueux, fort dévoués. »
Six accédèrent à l'épiscopat, laissant, là où ils travaillèrent, des noms illustres.  Plusieurs furent de véritables figures de légende. Tel Mgr de Cheverus, futur archevêque de Bordeaux et cardinal, dont la distinction et le charme firent beaucoup pour implanter le catholicisme à Boston, et en l'honneur de qui, lorsqu’arriva l'annonce de sa mort, les protestants eux-mêmes firent sonner le glas.  Ou l'étonnant Mgr Flaget, pionnier de l'Ouest, dont le premier palais épiscopal, à Bardstown, fut une cabane de rondins, dont la longue vie près de cent ans fut si féconde qu'on disait de lui que chacune de ses haltes apostoliques marquait l'emplacement d'un futur diocèse.  Ou encore Mgr Brutè de Rémus, surnommé «l’Ange du Mont », le plus savant de tous, qui, à cinquante-cinq ans, quitta ses livres pour partir, à deux pas des Peaux Rouges, arracher à la ruine la chrétienté de Vincennes et dont la fin de vie fut un tissu d'aventures. 
Leur action à tous porta ses fruits : à la mort de Mgr Carroll en 1815, les catholiques étaient 70 000 et il y avait soixante-douze prêtres américains.
(Daniel Rops, Histoire de l’Eglise Tome X, l’Eglise des Révolutions , Ed. Fayard )

samedi 22 décembre 2018

L'Inquisition espagnole : Thomas de Torquemada

De ce que fut vraiment l'œuvre de l'Inquisition espagnole, on ne doit parler qu'avec une extrême prudence; sur ce point aussi l'imagination populaire a beaucoup affabulé.  Le premier Grand Inquisiteur, Thomas de Torquemada, a été représenté comme un tortionnaire sadique, aux mains pleines de sang, faisant régner la terreur dans toute l'Espagne : c'était, en fait, un religieux très austère, convaincu de l'utilité de son rôle, mais dépourvu de cruauté et dont l'action, à maintes reprises, s'exerça pour modérer les excès de certains juges ecclésiastiques. 

Tous les dominicains, au reste, qui fournirent à l'Inquisition ses cadres, étaient loin d'être des « Torquemadas », et beaucoup cherchèrent à ramener des pécheurs plus qu'à les châtier.  Quant aux méthodes du célèbre tribunal, « l'édit de fer » qui obligeait les parents mêmes des suspects à les dénoncer, les tortures de la question appliquées aux inculpés pour obtenir leurs aveux, elles étaient, on ne saurait l'oublier, dans les mœurs du temps, - et le XX° siècle est assez mal fondé pour le reprocher au XV°.  
Reste le problème du nombre des victimes, emprisonnées à vie, étranglées ou brûlées vives, après les célèbres « actes de foi » - autodafé - où leur condamnation était proclamée publiquement; l'histoire a bien du mal à proposer des chiffres, tant les renseignements sont variables, entre quelques centaines et des dizaines de milliers ! Proportionnellement au nombre d'actions engagées devant tous les tribunaux, les condamnations graves furent certainement peu nombreuses.  Trop encore, il va de soi, pour qui pense que la religion de l'amour ne s'instaure point par la force mais c'est une autre affaire.  

Ce qui est certain, c'est que l'inquisition fit peser sur l'Espagne entière une atmosphère de crainte et de sévérité, - presque de terreur, - assez voisine de celle que, obéissant à d'autres exigences, le Tribunal Révolutionnaire fit peser sur la France de 1793.  Et ce qui est non moins certain, c'est que le peuple espagnol l'a non seulement acceptée, mais voulue et bénie, comme une manifestation de cette foi ardente jusqu'à l'héroïsme qui lui avait permis de forger son destin.
(Daniel Rops : L’Eglise de la Renaissance et de la Réforme p. 262, sq)

jeudi 13 décembre 2018

Une devinette : qui envisageait il y a 50 ans déjà l’évolution actuelle de l’Église ?



De la crise actuelle émergera l’Église de demain – une Église qui aura beaucoup perdu. Elle sera de taille réduite et devra quasiment repartir de zéro. Elle ne sera plus à même de remplir tous les édifices construits pendant sa période prospère. Le nombre de fidèles se réduisant, elle perdra nombre de ses privilèges.

Contrairement à une période antérieure, l’Église sera véritablement perçue comme une société de personnes volontaires, que l’on intègre librement et par choix. En tant que petite société, elle sera amenée à faire beaucoup plus souvent appel à l’initiative de ses membres.

Elle va sans aucun doute découvrir des nouvelles formes de ministère, et ordonnera à la prêtrise des chrétiens aptes, et pouvant exercer une profession. Dans de nombreuses petites congrégations ou des groupes indépendants, la pastorale sera gérée de cette manière. Parallèlement, le ministère du prêtre à plein temps restera indispensable, comme avant.
Mais dans tous ces changements que l’on devine, l’essence de l’Église sera à la fois renouvelée et confirmée dans ce qui a toujours été son point d’ancrage : la foi en un Dieu trinitaire, en Jésus Christ, le Fils de Dieu fait Homme, en l’Esprit-Saint présent jusqu’à la fin du monde. Dans la foi et la prière, elle considérera à nouveau les sacrements comme étant une louange à Dieu et non un thème d’ergotages liturgiques.

L’Église sera une Église plus spirituelle, ne gageant pas sur des mandats politiques, ne courtisant ni la droite ni la gauche. Cela sera difficile pour elle, car cette période d’ajustements et de clarification va lui coûter beaucoup d’énergie. Cela va la rendre pauvre et fera d’elle l’Église des doux. Le processus sera d’autant plus ardu qu’il faudra se débarrasser d’une étroitesse d’esprit sectaire et d’une affirmation de soi trop pompeuse.
On peut raisonnablement penser que tout cela va prendre du temps. Le processus va être long et fastidieux, comme l’a été la voie menant du faux progressisme à l’aube de la Révolution française – quand un évêque pouvait être bien vu quand il se moquait des dogmes et même quand il insinuait que l’existence de Dieu n’était absolument pas certaine – au renouveau du XIXe siècle.
Mais quand les épreuves de cette période d’assainissement auront été surmontées, cette Église simplifiée et plus riche spirituellement en ressortira grandie et affermie. Les hommes évoluant dans un monde complètement planifié vont se retrouver extrêmement seuls. S’ils perdent totalement de vue Dieu, ils vont réellement ressentir l’horreur de leur pauvreté. Alors, ils verront le petit troupeau des croyants avec un regard nouveau. Ils le verront comme un espoir de quelque chose qui leur est aussi destiné, une réponse qu’ils avaient toujours secrètement cherchée.


Pour moi, il est certain que l’Église va devoir affronter des périodes très difficiles. La véritable crise vient à peine de commencer. Il faudra s’attendre à de grands bouleversements. Mais je suis tout aussi certain de ce qu’il va rester à la fin : une Église, non du culte politique car celle-ci est déjà morte, mais une Église de la foi. Il est fort possible qu’elle n’ait plus le pouvoir dominant qu’elle avait jusqu’à maintenant, mais elle va vivre un renouveau et redevenir la maison des hommes, où ils trouveront la vie et l’espoir en la vie éternelle.
 

Joseph Ratzinger – Lors de l'enregistrement d'une émission à la radio allemande en 1969...
http://www.baptises.fr/content/crise-actuelle-emergera-leglise-demain
 

dimanche 9 décembre 2018

Péché originel: L'homme de la modernité se veut résolument innocent


C’est peut-être tout le sens de ce récit des origines que nous offre la Genèse.  On a beaucoup glosé, surtout depuis saint Augustin, sur le « péché originel ». À bien lire l'évêque d'Hippone, on s'aperçoit que cette idée de péché originel, de chute, de discordium malum, ne conduit pas forcément à considérer l'homme comme un éternel coupable ni à se flétrir soi-même dans une repentance mortifiée.  Il veut dire que tout homme doit regarder en face la part de mal qui est en lui; le mal virtuel dont il est possiblement capable au-delà même du permis et du défendu.  Cette lucidité ne lui fera pas seulement comprendre la nécessité de la grâce.  Elle le détournera aussi de cette haine vertueuse qui rejette sur autrui tout le malheur du monde.
Cette interprétation du concept de péché originel nous aide à comprendre que toute revendication d'innocence est mécaniquement meurtrière.  Si je m'affirme innocent, si je clame mon appartenance au Bien, alors le mal ne peut être que chez l'autre.  Cet autre que je serai tenté d'éliminer.  Les fanatiques sont convaincus d'être « innocents » bientôt « martyrs ». C'est ainsi qu'ils justifient leurs crimes. 
Mais on peut élargir Ie propos.  Tout un pan du discours contemporain est construit autour de l'idée d'innocence, indéfiniment revendiquée et martelée.  L'homme de la modernité se veut résolument innocent.  Dans ses désirs.  Dans ses pulsions.  Dans ses convoitises.  L'esprit moderne se moque du prétendu dolorisme chrétien. À ses yeux, le « péché originel » n'était qu'une invention cléricale pour empêcher l'homme de jouir et d'être heureux.  On préfère revendiquer aujourd'hui - comme un droit - la transgression et le refus de toute culpabilité.  Or on voit bien jusqu'où peut conduire ce prurit d'innocence: à la haine de l'autre.  Tout simplement.

Cette dérive donne sérieusement envie de réhabiliter, contre vents et marées, l'idée de péché originel.  Comme l'appel à une modestie fondatrice et fraternelle.  Comme la reconnaissance de la complexité de l'autre et le refus de l'intolérance pharisienne.  Surtout comme un élément central de la Bonne Nouvelle qui illumine nos vies : à savoir que, dans l'incarnation et la résurrection du Christ, le mal universel trouve, y compris en nous-mêmes, les prémices de sa défaite finale.  Un auteur polonais contemporain, Leszek Kolakowski, ancien marxiste revenu au christianisme, a d'ailleurs écrit des choses admirables sur cette question du péché originel et sur la présence du mal : «Jésus nous a recommandé de commencer par éliminer le mal en nous-mêmes et non de tuer d'autres hommes que nous consi-dérons à tort ou à raison comme mauvais. »

L'essayiste Marcel Gaucher assure quant à lui que le prétendu «recul » du religieux n'en est pas forcément un.  Tout dépend de l'angle de vue qu'on choisit. « Le paradoxe de la situation où nous sommes, écrit-il, est que le détrônement des religions de leur position de commandement leur restitue un nouveau rôle.  Bien sûr, leur autorité sociale a considérablement décru, mais, dans le même temps, leur capacité d'être entendues, y compris par des gens qui ne relèvent en rien de leur famille spirituelle, s’est accrue. » 

M. Albert, J. Boisonnat , M. Camdessus  « Notre Foi dans ce siècle » de Michel ALBERT, Jean BOISSONNAT, Michel CAMDESSUS Ed. Arléa, 2002, p.41

samedi 1 décembre 2018

Pour une taxation des ventes d'armes

Nous avons dit notre scepticisme sur les chances de succès de la taxe Tobin.  L'idée de taxer les exportations d'armes nous semble plus pertinente.  Il s'agirait de taxer ce mal global par excellence qu'est le surarmement en allouant les produits de la taxe à l'ONU et aux organisations qui, avec elle, travaillent avec des moyens beaucoup trop limités à la prévention des conflits.  Rendre plus coûteuses les importations d'armes, c'est contenir l'ardeur des va-t-en guerre.  C'est aussi concourir à l'élimination du scandale de ces trois cent mille garçons et filles de moins de quinze ans qui, sur tous les champs de bataille du monde, utilisent les armes que nous vendons.
Nous connaissons bien les objections à un tel projet.  Comment le G 8, qui exporte 90 % des armes vendues sur le marché mondial, déciderait-il de se taxer lui-même ? Comment identifier ces exportations ? Ces difficultés ne sont pas insurmontables.  Le G 8 sait que l'accumulation des armes dans le tiers-monde est une bombe à retardement dont il peut être à tout moment la victime.  Nous le savions mais, depuis le 11 septembre, c'est une évidence criante.
La taxation est-elle réalisable ? Elle l'est, tout spécialement pour les armes lourdes.  Depuis le sommet de Londres, en 1984, le registre des Nations unies consigne la nature, le montant et la destination des exportations militaires de tout pays exportateur.  L'assiette de la taxation est donc bien identifiée.  Elle ne s'applique pas encore, hélas, aux ventes d'armes légères, et l'on sait que la conférence de l'ONU à ce propos, en juillet 2001, s'est achevée par un échec à la suite de l'opposition de la Chine, de la Russie, mais surtout des États-Unis.  Les Européens ont plaidé, eux, pour le contrôle strict à l'exportation », et même pour la mise en place d'un marquage permanent de ces armes qui tueraient environ cinq cent mille personnes par an.  


On peut penser que la « révision déchirante » de leurs objectifs internationaux, à laquelle les États-Unis procèdent depuis le 11 septembre, permettra de rouvrir cette discussion.
Quelles ressources pourrait-on attendre de cette taxe ? Selon Laurent Fabius, ministre de l'Economie, des Finances et de I'lndustrie, « un prélèvement de 10 % sur les exportations d'armes pourrait représenter chaque année jusqu'à cinq milliards d'euros supplémentaires ». Ce serait un pas vers la réalisation de la parole du prophète Michée, qui nous invitait « à transformer les épées en socs de charrues ».

« Notre Foi dans ce siècle » de Michel ALBERT, Jean BOISSONNAT, Michel CAMDESSUS Ed. Arléa, 2002 p. 171

Instrumentalisation de l'homme par la politique, par l'économie, par la science

Le troisième grand défi du XXI° siècle concerne la personne humaine elle-même.  Emmanuel Mounier expliquait bien que celle-ci courait un risque permanent : celui d'être instrumentalisée.  La personne humaine ramenée au rang de pur instrument, l'homme pris comme moyen et non plus comme fin : telle est bien la barbarie, l'antihumanisme qu'il nous faut inlassablement combattre.  Or, dans l'Histoire, à mesure que les sociétés humaines se transforment, cette instrumentalisation change de visage, et même de nature. 
De plus en plus, elle cible l'homme au plus intime de son identité.  Nous approchons du moment où cet acide pourra dissoudre la personne dans sa définition même.  Alerte : Frankenstein est parmi nous, désormais sans masque et de l'argent plein les poches !
Cette menace, cette violence, Il nous faut apprendre à les identifier.
Pour simplifier, disons qu'il y a trois formes d'instrumentalisation de la personne humaine: par la politique, par l'économie, par la science.  Elles se sont historiquement succédé, parfois en s'additionnant.  L'instrumentalisation de l'homme par la politique ou l'idéologie, ce fut le drame principal du XX° siècle.  Des hommes transformés en chair à canon lors des grandes tueries de 14-18, ravalés au rang de « matériau » militaire, ou bien encore niés comme individus libres et dignes par les grandes idéologies totalitaires : peu de siècles auront humilié la personne humaine comme celui-là.  Lénine puis Staline répétaient que la « Grande Révolution » devait en finir avec l'individualisme petit-bourgeois. « Le temps du bonheur individuel est fini », proclamait Hitler de son côté.  L'homme n'était plus qu'un atome négligeable du grand « tout », le serviteur taillable et corvéable d'un grand dessein collectif.

Mais ce même homme, l'économie l'instrumentalise d'une autre façon.  Il n'est plus dès lors qu'un agent de production, une force de travail, l'ingrédient anonyme et contingent d'un  « processus ». Il est ce prolétaire que la révolution industrielle coupe de ses anciennes appartenances, ou racines ; il est cet immigré de l'intérieur, livré à la fournaise des grandes cités. 
L’instrumentalisation économique de la personne humaine
Toute une partie du XX° siècle peut s'analyser comme un effort permanent pour résister à cette possible instrumentalisation
économique de la personne humaine : les luttes sociales, les droits reconnus aux plus faibles, l'élaboration d'un droit du travail, le renforcement de la solidarité collective et l'édification de l'État-providence.  Du Sillon de Marc Sangnier - au début du XX° siècle - aux mouvements associatifs de l'après-guerre (JEC, JOC, CFTC, etc.), en passant par les groupes personnalistes, les chrétiens se sont souvent retrouvés dans les tranchées de cette résistance à l'instrumentalisation de l'homme par l'économie.  Ils doivent y rester.  Les grands bouleversements contemporains, dans un contexte de globalisation économique, peuvent être facteurs de progrès, mais ils peuvent aussi entraîner des régressions sur ce chapitre de la personne.
 

Et puis le XXI° siècle voit apparaître - ou se renforcer - les risques d'une instrumentalisation de l'homme par la science.  Avec les nouveaux et prodigieux moyens dont elle se dote - via, par exemple, la génétique ou les neurosciences -, la science du vivant est désormais capable d'intervenir sur l'homme lui-même.  Cela ne s'était jamais produit dans toute notre histoire. 
Des « mystères » immémoriaux, comme celui de la procréation ou de l'identité humaine, sont aujourd'hui contrôlables et manipulables par la science.  Elle a largement percé le secret de la vie.  De la même façon, elle s'est donné les moyens d'intervenir sur les différentes composantes du corps humain, comme on le ferait avec un jeu de Meccano. 
D'où l'émergence étourdissante d'une infinité de questions éthiques - clonage, procréation assistée, greffes, appareillage du corps, etc. - qu'on a de plus en plus de mal à trancher, et même tout simplement à poser, tellement il n'est pas « politiquement correct » de le faire.  Ce qui fait problème, en effet, c'est désormais la définition même de l'humanité de l'homme.
Les questions essentielles - et gigantesques ! - qui traversent ces débats sont celles-ci : où fixer la limite ? Comment définir avec précision l'espèce humaine ? Qu'est-ce qui distingue  « l'humain » de l'animalité, de la machine, de la chose ? Qu'est-ce qui empêche de réduire un homme à la simple addition de ses organes?

Dans ce contexte, le risque qui surgit, c'est de voir l'homme transformé en simple « instrument » ou « matériau » par la science.  Cette troisième instrumentalisation de l'homme, c'est aussi, convenons-en, un formidable défi.  Elle est d'autant plus redoutable qu'elle peut non pas se substituer aux deux précédentes, mais s'ajouter à elles.  Pire : faire système avec elles.  Autrement dit, les menaces pesant sur la personne peuvent se multiplier sans jamais être repérées autrement que comme inéluctables et bénéfiques.  C'est d'ailleurs ce qui se passe de manière caricaturale - mais parlante - dans quelques cas extrêmes. Lorsque certains régimes totalitaires organisent en sous-main le trafic d'organes humains, ils cumulent de façon saisissante les trois instrumentalisations de l'être humain : par l'idéologie, par l'économie, par la science.

La vigilance sur ces trois « fronts » est donc plus que jamais nécessaire.  Mais elle doit être réfléchie, et fondée en dernier ressort sur un sens irréductible de la dignité de l'homme. ( Cela ne doit pas conduire à une sorte de fondamentalisme hostile à tout progrès).  Il faut savoir que l'homme doit et peut volontairement abandonner à la société une partie de la souveraineté qu'il exerce sur lui-même.  Il est un être social par définition, et non un individu dans sa tour d’ivoire.  En tant que citoyen, il aliène une partie de sa liberté au profit d'une communauté politique dont il est membre, et qu'il peut être appelé à servir.  Comme salarié, comme producteur et comme consommateur, il est bel et bien engagé dans une machinerie économique qui évalue sa « rentabilité » et son « employabilité », soupèse ses besoins, tarifie ses compétences, etc.
De la même façon les sciences de la vie (médecine, biologie, etc.) progressent en prenant l'homme comme « Objet » d'étude.  Mais ici, des précautions extrêmes s'imposent car, en l'homme, corps et âme sont intimement liés, inséparables dès qu'il y a vie.

La question est donc celle des proportions, des limites.  Dans les trois domaines précités (politique, économie, science), c'est la grande question d'aujourd'hui : définir et fixer les limites, c'est veiller sur l'homme.  Ce n'est pas, ce ne sera pas une question facile.

« Notre Foi dans ce siècle » de Michel ALBERT, Jean BOISSONNAT, Michel CAMDESSUS Ed. Arléa, 2002, p. 30 sq

samedi 24 novembre 2018

Les limites de l'économie antisociale de marché

Comme Robert Reich et comme beaucoup d'autres, nous pensons qu'ainsi réduite à une pure caricature du libéralisme l'économie antisociale de marché va dans le mur pour reprendre l'expression de Reich lui-même, elle correspond à un «capitalisme de l'âge de pierre ». Non seulement elle lamine les classes moyennes, mais elle détruit à terme le pacte minimal sur lequel toute société est fondée.
À la limite, elle sape les fondements sociétaux qui rendent possible le fonctionnement du marché lui -même. 

L'argent peut être une drogue qui rend esclave

« Le capitalisme n'a pu fonctionner, notait le philosophe Cornélius Castoriadis, que parce qu'il a hérité d'une série de types anthropologiques qu'il n'a pas, et n'aurait pas pu créer lui-même : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres et wébériens, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont un minimum de conscience professionnelle, etc.  Ces types ne surgissent pas et ne peuvent pas surgir d'eux-mêmes ; ils ont été créés dans des périodes historiques antérieures, par référence à des valeurs alors consacrées et incontestables : l'honnêteté, le service de l'État, la transmission du savoir, la belle ouvrage, etc. »

Les dérives du modèle anglo-saxon menacent donc aujourd'hui le capitalisme lui-même.  C'est l'idée qui émerge, compris y parmi les plus ardents défenseurs de l'économie de marché.  Réduite à elle - même, la société de marché est nécessairement de plus en plus anxiogène, parce qu’elle fonctionne uniquement à la drogue du profitOr la drogue est un désir toujours insatisfait, toujours avivé par les stimulations de la publicité et des médias, une drogue dont le besoin, loin d'être comblé par l'abondance, se renouvelle et s'aiguise sans cesse.  

 
La voie préconisée par
l'Evangile pour
trouver le bonheur

Un test, réalisé récemment sur les quatre cents premières fortunes américaines par le magazine Forbes, montrait que les aspirations à l'enrichissement suivaient la courbe des fortunes.  L'argent agit comme une drogue qui doit être administrée par dose de plus en plus fortes pour produire le même effet.  C'est pourquoi l'un des inspirateurs de Tony Blair, Peter Mandelson, a pu parler d'une joyless growth, une croissance sans joie. 
« Notre Foi dans ce siècle » de Michel ALBERT, Jean BOISSONNAT, Michel CAMDESSUS Ed. Arléa, 2002  page 113