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mardi 11 août 2020
samedi 5 octobre 2019
mercredi 17 octobre 2018
mercredi 8 août 2018
La vocation est un mot qui fait peur
Le jeune dominicain du Caire, auteur de la pièce Pierre et Mohamed, retrace sa quête de la vie véritable qui l'a conduit jusqu'à l'ordre des Frères prêcheurs. Son témoignage nous prépare à vivre la Journée mondiale de prière pour les vocations du 22 avril. (La Vie, 5 avril 2018)
La vocation est un mot qui fait peur. Elle n'est pourtant que l'autre nom de la vie spirituelle, de la vie chrétienne, de cette vie tout court à laquelle Dieu veut nous appeler pour notre plus grande joie. À chacun la sienne, donc, unique et singulière. Le drame est de renoncer à la trouver par confort et conformisme. Ou par crainte de devoir étouffer ce que nous avons dans le cœur pour suivre la volonté de Dieu, qui nous serait extérieure. Mais notre désir le plus profond, le plus vrai, c'est celui-là même que le Seigneur a déposé en nous le jour où il nous a créés. Sa volonté est que nous fassions la nôtre ! Encore faut-il découvrir ce que nous voulons vraiment, et ne pas nous laisser distraire par des envies plus superficielles. C'est une belle aventure, que j'ai moi-même parcourue avant de devenir dominicain.
Je devais avoir 9 ou 10 ans quand l'Évangile m'est apparu comme une Bonne Nouvelle à prendre au sérieux.
« Si Dieu existe, c'est quand même une sacrée histoire ! Il mérite bien qu'on lui consacre sa vie », ai-je pensé. Je me souviens d'avoir lancé un soir, alors que nous étions réunis autour de la table familiale, ce que je croyais être la conséquence logique de mon petit raisonnement : « Je pense devenir prêtre. » Cette annonce a jeté un tel froid que je n'ai plus abordé le sujet à la maison jusqu'à mes 23 ans, quelques semaines seulement avant d'entrer au noviciat... Mes parents ne pratiquaient pas, et l'un comme l'autre accordait à sa manière peu d'importance à ces questions. En envoyant leurs deux enfants au catéchisme – cette pratique encore traditionnelle allait bientôt s'effondrer – ils étaient loin d'imaginer que le cadet y nourrirait des ardeurs sacerdotales... Mais j'ai aimé cette relative clandestinité, qui me faisait aller en cachette à la messe en semaine (le dimanche, j'avais le droit) pendant mon adolescence : à chacun ses rébellions !
Être prêtre, pourtant, cela ne m'allait pas tout à fait.
J'aspirais aussi, confusément, à quelque chose de plus radical, qui me paraissait exister dans la vie monastique. Mais à la réflexion, l'idée de vivre à l'écart du monde ne me disait trop rien. Je voulais pouvoir conjuguer la radicalité du moine et les contacts humains du prêtre. Il faudrait inventer cela, me disais-je, avant de découvrir vers l'âge de 13 ans, dans un manuel d'histoire du Moyen Âge qui relatait la fondation des Frères prêcheurs (ou Dominicains), que cela existait déjà. Je me suis tout de suite senti à la maison ! Une familiarité qui s'est confirmée au fil de mes rencontres avec des figures remarquables de dominicains : Fra Angelico, Savonarole, Las Casas... Et surtout Lacordaire. Ce jeune avocat, promis à un bel avenir dans le Paris des années 1830, s'était converti en lisant Génie du christianisme, de Chateaubriand. Son entrée au séminaire n'avait pas amené Lacordaire à renier les idéaux de la Révolution avec lesquels il avait grandi. Au contraire ! Plutôt que de vouloir remonter le temps, comme bien des catholiques éprouvés par les persécutions révolutionnaires, il voulait simplement prêcher le Christ à ses contemporains. Et, dans cet esprit, refonder en France l'ordre des Dominicains.
Fréquenter Lacordaire, dont j'approuvais la démarche, m'a permis d'assumer paisiblement ce que beaucoup qualifiaient de contradiction
et qui, toute mon adolescence, a été source de questionnement, d'énervement, mais aussi de croissance : j'ai grandi dans un monde marqué à gauche, très peu religieux, mais dont les aspirations et les générosités ne me semblaient pas contraires à l'Évangile, loin s'en faut. Je pouvais être disciple du Christ sans renier le milieu dont je venais, et où je me sentais bien.
« Au cœur de tout, il y a la parole. Ce sera la politique ou les Dominicains. »
Sortie de la bouche d'un jeune de 16 ans, cette phrase définitive a fait sourire le prêtre qui m'accompagnait. Et pourtant, ces deux voies qui s'ouvraient devant moi m'attiraient autant l'une que l'autre. Je me suis d'abord lancé dans le militantisme politique, parallèlement à l'École normale supérieure, où j'étudiais l'histoire, et à Sciences Po. Tout le monde me savait catholique et cela donnait lieu à de vraies discussions et des témoignages de foi. Il m'est aussi arrivé de claquer des portes... Je sentais à quel point la politique – et d'abord mon ambition – pouvait être envahissante. Je m'efforçais de ne pas sacrifier pour elle l'essentiel, par exemple l'amitié. Ainsi, j'ai su décliner la proposition d'une personnalité politique éminente de l'accompagner en voyage quelques jours. Cette belle occasion de faire connaître mes talents m'aurait obligé à annuler une semaine de vacances avec deux amis de longue date, prévue depuis longtemps. Mon refus m'a quelque peu surpris, mais je me suis senti si libre !
Bien m'en a pris car avec mes deux amis non croyants, nous avons passé nos vacances à parler de Dieu.
De retour en France, je me suis rendu à l'évidence : la parole qui me rendait profondément heureux était celle de Dieu, non le discours ou le verbiage politique. Trois mois après, je débarquais au noviciat des Dominicains, à Strasbourg, pour discuter de ma vocation avec le père-maître des novices. J'avais 23 ans. Le fruit était mûr. Je n'avais plus de raison d'attendre : il fallait choisir. En errant seul sur les canaux de la vieille ville, j'ai compris que ce qui me retenait de choisir la vie religieuse, c'était surtout l'attrait du confort, de la reconnaissance et de la notabilité. En septembre, j'entrais au noviciat et allais bien vite me rendre compte que vivre sa vocation, c'est partir à l'aventure. Et pour cause : si l'on m'avait dit qu'un jour, on m'enverrait au Caire pour travailler sur une religion qui n'est même pas la mienne... Dieu réserve toujours de joyeuses surprises !
Ce témoignage est d'Adrien Candiard
Article tiré de l'hebdomadaire "La Vie" "Les essentiels" (La Vie du 5 avril 2018 n°3788)
Voir: http://www.lavie.fr/spiritualite/temoins/adrien-candiard-vivre-sa-vocation-c-est-partir-a-l-aventure-04-04-2018-89230_688.php
La vocation est un mot qui fait peur. Elle n'est pourtant que l'autre nom de la vie spirituelle, de la vie chrétienne, de cette vie tout court à laquelle Dieu veut nous appeler pour notre plus grande joie. À chacun la sienne, donc, unique et singulière. Le drame est de renoncer à la trouver par confort et conformisme. Ou par crainte de devoir étouffer ce que nous avons dans le cœur pour suivre la volonté de Dieu, qui nous serait extérieure. Mais notre désir le plus profond, le plus vrai, c'est celui-là même que le Seigneur a déposé en nous le jour où il nous a créés. Sa volonté est que nous fassions la nôtre ! Encore faut-il découvrir ce que nous voulons vraiment, et ne pas nous laisser distraire par des envies plus superficielles. C'est une belle aventure, que j'ai moi-même parcourue avant de devenir dominicain.
Je devais avoir 9 ou 10 ans quand l'Évangile m'est apparu comme une Bonne Nouvelle à prendre au sérieux.
« Si Dieu existe, c'est quand même une sacrée histoire ! Il mérite bien qu'on lui consacre sa vie », ai-je pensé. Je me souviens d'avoir lancé un soir, alors que nous étions réunis autour de la table familiale, ce que je croyais être la conséquence logique de mon petit raisonnement : « Je pense devenir prêtre. » Cette annonce a jeté un tel froid que je n'ai plus abordé le sujet à la maison jusqu'à mes 23 ans, quelques semaines seulement avant d'entrer au noviciat... Mes parents ne pratiquaient pas, et l'un comme l'autre accordait à sa manière peu d'importance à ces questions. En envoyant leurs deux enfants au catéchisme – cette pratique encore traditionnelle allait bientôt s'effondrer – ils étaient loin d'imaginer que le cadet y nourrirait des ardeurs sacerdotales... Mais j'ai aimé cette relative clandestinité, qui me faisait aller en cachette à la messe en semaine (le dimanche, j'avais le droit) pendant mon adolescence : à chacun ses rébellions !
Être prêtre, pourtant, cela ne m'allait pas tout à fait.
J'aspirais aussi, confusément, à quelque chose de plus radical, qui me paraissait exister dans la vie monastique. Mais à la réflexion, l'idée de vivre à l'écart du monde ne me disait trop rien. Je voulais pouvoir conjuguer la radicalité du moine et les contacts humains du prêtre. Il faudrait inventer cela, me disais-je, avant de découvrir vers l'âge de 13 ans, dans un manuel d'histoire du Moyen Âge qui relatait la fondation des Frères prêcheurs (ou Dominicains), que cela existait déjà. Je me suis tout de suite senti à la maison ! Une familiarité qui s'est confirmée au fil de mes rencontres avec des figures remarquables de dominicains : Fra Angelico, Savonarole, Las Casas... Et surtout Lacordaire. Ce jeune avocat, promis à un bel avenir dans le Paris des années 1830, s'était converti en lisant Génie du christianisme, de Chateaubriand. Son entrée au séminaire n'avait pas amené Lacordaire à renier les idéaux de la Révolution avec lesquels il avait grandi. Au contraire ! Plutôt que de vouloir remonter le temps, comme bien des catholiques éprouvés par les persécutions révolutionnaires, il voulait simplement prêcher le Christ à ses contemporains. Et, dans cet esprit, refonder en France l'ordre des Dominicains.
Fréquenter Lacordaire, dont j'approuvais la démarche, m'a permis d'assumer paisiblement ce que beaucoup qualifiaient de contradiction
et qui, toute mon adolescence, a été source de questionnement, d'énervement, mais aussi de croissance : j'ai grandi dans un monde marqué à gauche, très peu religieux, mais dont les aspirations et les générosités ne me semblaient pas contraires à l'Évangile, loin s'en faut. Je pouvais être disciple du Christ sans renier le milieu dont je venais, et où je me sentais bien.
« Au cœur de tout, il y a la parole. Ce sera la politique ou les Dominicains. »
Sortie de la bouche d'un jeune de 16 ans, cette phrase définitive a fait sourire le prêtre qui m'accompagnait. Et pourtant, ces deux voies qui s'ouvraient devant moi m'attiraient autant l'une que l'autre. Je me suis d'abord lancé dans le militantisme politique, parallèlement à l'École normale supérieure, où j'étudiais l'histoire, et à Sciences Po. Tout le monde me savait catholique et cela donnait lieu à de vraies discussions et des témoignages de foi. Il m'est aussi arrivé de claquer des portes... Je sentais à quel point la politique – et d'abord mon ambition – pouvait être envahissante. Je m'efforçais de ne pas sacrifier pour elle l'essentiel, par exemple l'amitié. Ainsi, j'ai su décliner la proposition d'une personnalité politique éminente de l'accompagner en voyage quelques jours. Cette belle occasion de faire connaître mes talents m'aurait obligé à annuler une semaine de vacances avec deux amis de longue date, prévue depuis longtemps. Mon refus m'a quelque peu surpris, mais je me suis senti si libre !
Bien m'en a pris car avec mes deux amis non croyants, nous avons passé nos vacances à parler de Dieu.
De retour en France, je me suis rendu à l'évidence : la parole qui me rendait profondément heureux était celle de Dieu, non le discours ou le verbiage politique. Trois mois après, je débarquais au noviciat des Dominicains, à Strasbourg, pour discuter de ma vocation avec le père-maître des novices. J'avais 23 ans. Le fruit était mûr. Je n'avais plus de raison d'attendre : il fallait choisir. En errant seul sur les canaux de la vieille ville, j'ai compris que ce qui me retenait de choisir la vie religieuse, c'était surtout l'attrait du confort, de la reconnaissance et de la notabilité. En septembre, j'entrais au noviciat et allais bien vite me rendre compte que vivre sa vocation, c'est partir à l'aventure. Et pour cause : si l'on m'avait dit qu'un jour, on m'enverrait au Caire pour travailler sur une religion qui n'est même pas la mienne... Dieu réserve toujours de joyeuses surprises !
Ce témoignage est d'Adrien Candiard
Article tiré de l'hebdomadaire "La Vie" "Les essentiels" (La Vie du 5 avril 2018 n°3788)
Voir: http://www.lavie.fr/spiritualite/temoins/adrien-candiard-vivre-sa-vocation-c-est-partir-a-l-aventure-04-04-2018-89230_688.php
lundi 7 mai 2018
Khaled Roumo, "La foi est de l'ordre de l'expérience"
Grâce à une bourse, j'étudiais la littérature française à la fac de Damas. J'avais tout pour être heureux. Et pourtant... Même les études, qui me passionnaient tant depuis mon enfance, me laissaient indifférent. Même cette jeune fille, que j'aimais et qui m'aimait, ne pouvait panser ma désespérance. Même mes amis ne parvenaient pas à me rejoindre dans ma solitude abyssale. Bien que mon état s'apparentât à la dépression, ce terme ne voulait rien dire pour moi. Du haut de mes 23 ans, je crois que je souffrais d'un manque d'être. Je trouvais dans la Nausée de Sartre une consolation car, ce dégoût de la vie, je le ressentais. Dans ce mal-être où frisait l'envie de mourir, je rompais avec un certain réel, pour plonger dans un autre, éprouvant, douloureux.
Un jour, alors que je traînais mon désespoir au bord d'un ruisseau
environné d'arbres fruitiers, quelque chose se produisit dans mon cœur. Sans que je fasse ni ne demande quoi que ce soit, une explosion d'amour jaillit en moi à la vitesse de la lumière. Jamais je n'avais éprouvé cela. Ce que je ressentais ne ressemblait en rien aux amours humaines. Le bonheur, la joie, la paix, qui me submergeaient subitement, émanaient d'une présence qui se donnait pour nom « Allah » : Dieu. Cette présence n'était ni une idée ni le fruit d'une réflexion. Elle était un Amour goûté.
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| Khaled Roumo pendant une conférence à Paris |
Jusqu'alors, je n'avais pas de vie spirituelle.
J'ai été éduqué dans une culture populaire, rurale, non intellectuelle. Seule ma mère, illettrée, faisait ses cinq prières par jour. Mais toute la famille observait le jeûne du ramadan. La bonté de mes parents se révélait dans leurs faits et gestes, et jamais je ne les ai entendus prononcer un mot négatif à propos d'une autre ethnie, culture ou confession religieuse.
Mes sept premières années se sont écoulées dans un village syrien, nommé Krak des Chevaliers. Au sein de cette forteresse médiévale, entourée de villages chrétiens, je m'ouvris dès mon enfance à la diversité culturelle et cultuelle. Nos journées étaient bercées par le son des clochers des églises et celui des appels à la prière. Les paysans, musulmans et chrétiens, travaillaient ensemble dans les champs dans une ambiance harmonieuse et fraternelle. Puisque mon père était gendarme mobile à cheval, nous avons ensuite vécu dans différentes localités, pour des périodes de deux à trois ans. Ces divers déménagements accrurent notre ouverture à d'autres ethnies et religions en Syrie. Dans un village chrétien maronite où nous habitions, nous jeûnions avec les habitants au cours du carême, sans pour autant renoncer à notre religion. Les grandes fêtes de chacun étaient des occasions de partage de nourriture, de visites dans les églises et les mosquées, de joie et d'amitié.
Après cette bouleversante expérience spirituelle,
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| Khaled Roumo pendant une séance d'Itinéraires |
Installé en France (cinq ans plus tard), je me suis lancé
dans une thèse sur le phénomène religieux. Ce travail, pensais-je alors, serait le chemin de la vérité. Mais plus j'avançais dans mes recherches, plus j'en mesurais les limites. J'étais acculé à une sorte d'équation scientifique qui ne pouvait contenir les résultats de mon travail : l'expérience de Dieu et la psyché relèvent de l'ordre de l'indicible. J'avais trouvé la vérité mais elle ne pouvait être dite dans le cadre d'une thèse. Cette impossibilité de nommer cette expérience selon une méthodologie universitaire, cette contradiction absolue entre une réalité intérieure et une exigence extérieure me menèrent, au bout de dix ans de recherches soutenues, à une deuxième crise existentielle, ontologique. Grâce à un ami athée, j'ai pu la dépasser : il m'a fait prendre conscience que je n'avais pas besoin de diplôme pour répondre à mon désir d'écrire. Alors j'ai trouvé mon propre cadre, celui de la poésie, mais aussi celui de la recherche prenant en compte toutes les dimensions de l'homme et de l'existence.
Le mystique Ibn al-Arabi (1165-1240) a dit : « Si l'amour est savouré, son essence est indicible. » Cette parole me guérit de la culpabilité de ne pas avoir achevé ma thèse. J'avais voulu pénétrer l'essence de l'amour à travers une recherche intellectuelle. Grâce à ma défaillance, j'ai pu construire toute la suite. D'après le philosophe suisse Frithjof Schuon (1907-1998), l'être humain est condamné, de par sa nature, à la transcendance. Moi, je dis que nous sommes condamnés à aimer. Car si nous n'aimons pas, nous ne sommes plus. Nous périssons intérieurement. Lorsque j'ai reçu la grâce de l'Amour, ma voie s'est ouverte : je ne pouvais plus m'abstenir d'aimer autrui, la vie. Ce qui n'est pas une mince affaire dans la mesure où nous nous heurtons continuellement à des obstacles, en soi et chez les autres.
Autant j'ai besoin de trouver Dieu dans la solitude,
puisque ma demeure est en Lui, autant j'ai besoin d'être intimement relié à Sa création. Ma vocation, mon besoin viscéral sont de pister la présence de Dieu dans les témoignages de mes frères et soeurs d'âme. Je ne pourrais vivre sans cette nourriture. C'est ainsi que j'ai fondé, il y a une quinzaine d'années, le groupe de partage Itinéraires spirituels islamo-chrétiens, en collaboration avec une soeur xavière. Dans un souci de plus grande ouverture, j'ai créé ensuite Itinéraires spirituels interconvictionnels au Forum 104 à Paris VIe.
Khaled Roumo est très investi dans la dialogue islamo-chrétien
Je distingue le partage spirituel du dialogue interreligieux.
Ce dernier est bon mais il se cantonne à l'érudition, au savoir. Une fois le dialogue passé avec l'apport des richesses réciproques, chacun rentre chez soi. Or l'être humain a besoin de goûter les choses et de les expérimenter. Le partage spirituel relève du vécu de la personne et d'une certaine capacité d'accueil de sa nature profonde. Si quelqu'un me parle de son amour pour le Christ, la Vierge, saint François d'Assise, ou sa grand-mère, je vibre. Je n'ai pas de frein, je suis traversé. Je ne deviens pas pour autant l'autre et il ne devient pas moi, mais je suis relié à lui grâce à des canaux imperceptibles et transcendants. Tout comme l'air ne s'arrête pas aux frontières des pays, nous respirons tous le même souffle de Dieu. Et toute personne qui suit la voie de l'amour est sur le sentier de la vérité.
Je rends grâce d'avoir reçu ce souffle d'Amour à l'âge de 23 ans,
et je prie Dieu de me le redonner de manière aussi absolue un jour. Je vois parfois l'existence comme des « travaux forcés », du premier cri jusqu'au dernier souffle. Telle est l'épreuve de l'être humain et de son passage sur terre. Il m'arrive d'être nostalgique de cet instant originel où nous étions dans le sein de Dieu. Lorsque nous avons goûté à Son amour tel qu'il nous exalte et nous pacifie, il est très difficile d'en sortir. Pourquoi continuer à vivre si l'après est tellement merveilleux ? Cette nostalgie doit être transformée en un chemin d'avenir, aboutissant aux retrouvailles avec Dieu. Et la douleur acceptée, assimilée est une prière, une reconnaissance de la valeur de ce qu'Il nous a donné. Le sens de l'islam est de s'en remettre à Lui. Nous devons accomplir notre vie et Lui faire confiance en nous pliant à Sa volonté dans une relation singulière, personnelle, mais aussi dans une communion avec les personnes rencontrées sur notre chemin. Telle est notre vocation, malgré les malheurs et les horreurs. La foi consiste à adorer Dieu et non l'espèce humaine ; l'adorer non comme une idée mais dans ce qu'Il nous a fait connaître. Sa présence se révèle à nous tel un parfum, un goût. À travers une expérience.
Anne-Laure Filhol publié le 25/05/2016
Article repris dans LA VIE, les Essentiels, voir: http://www.lavie.fr/spiritualite/temoins/khaled-roumo-la-foi-est-de-l-ordre-de-l-experience-25-05-2016-73299_688.php
lundi 4 décembre 2017
Le parcours de foi d'une victime d'un prêtre pédophile pour retrouver Dieu
C'était il y a cinq ans.
Tremblante, j'entrai dans le bureau de
Jacques Blaquart, l'évêque de ma ville, Orléans. La femme d'une
cinquantaine d'années que j'étais se répétait que tout irait bien ; la
fillette de 13 ans et demi que j'ai été me criait de sortir, qu'être
seule avec un prêtre était dangereux. Je lui ai vite exposé la raison de
ma visite : « Je viens pour essayer de me réconcilier avec l'Église. » Son large sourire du début de notre entretien a fait place à un visage grave. « Enfant, j'ai été abusée par un prêtre. »
J'ai lu la douleur sur ses traits. Il était la première personne de
l'Église qui ne restait pas de marbre, ou gênée, face à mes paroles. Sa
sensibilité m'a touchée. Depuis, son accompagnement et son écoute me
réparent.
L'abus sexuel est une explosion intérieure
Au-delà de la blessure physique et psychique, c'est ma vie spirituelle qui a éclaté. Je vis avec une foi abîmée depuis ce 20 avril 1975, où un homme qui célébrait la messe, qui sanctifiait les offrandes de ses mains, a posé ces mêmes mains sur moi alors que j'avais un peu plus de 13 ans. Ce prêtre, par ses gestes, a sali les sacrements qu'il a pu me donner et a volé ma relation à Dieu. À 15 ans, je lui ai imposé de ne plus me toucher. Plus tard, étudiante, m'est venue une question : voulais-je encore être chrétienne ? J'ai choisi d'avoir une vie de foi pleine et entière, mais je ne me suis plus retrouvée dans l'Église.L'Esprit saint m'a guidée
Je l'ai découvert dans la communauté du Chemin neuf, que j'ai commencé à côtoyer à Lyon en 1982. Je venais pour suivre une formation de trois mois, j'y suis restée 30 ans. J'y ai rencontré mon mari, et nous avons longtemps vécu en « fraternité de vie » avec d'autres familles. Nous avons eu huit enfants, et j'ai beaucoup aimé m'occuper d'eux. Je vivais pleinement mon rôle de mère au foyer, heureuse, alors qu'une partie de moi était morte, ensevelie.Par miracle, je n'ai jamais cessé de prier Jésus
Mon chemin est long, pourtant il est extraordinaire
L'impossible s'y produit. La transformation, presque miraculeuse,
s'opère jusque dans mon lien à Jésus. Longtemps, à Pâques, je descendais
aux enfers avec Lui. Je le rejoignais dans sa souffrance, je le suivais
sur son chemin de croix. Mais la Résurrection était pour le fils de
Dieu, pas pour moi... Il y a trois ans, à mi-parcours dans mon travail
spirituel avec Mgr Blaquart, lors de la lecture de la Passion, j'ai
senti que Jésus s'est approché de moi, est descendu dans mon abîme, a
partagé ma souffrance. Alors seulement j'ai compris qu'il venait, Lui,
me relever. Ce 20 avril, 39 ans jour pour jour après que ma vie eut
basculé, j'ai été bouleversée : la mort, inscrite en moi, était
entraînée dans la Résurrection.
Dans mon histoire, la relation à Dieu comme Père a été la plus abîmée
Enfant, on m'a appris que Dieu était tout-puissant et qu'Il m'aimait. J'ai prié pour que le cauchemar cesse, mais ça ne s'arrêtait pas. Je comprends aujourd'hui que Dieu nous a créés libres et que si l'on veut faire le bien, alors Il est tout-puissant ; sinon, Il perd tout pouvoir face au choix de l'homme de faire le mal. Je me suis sentie abandonnée par Dieu si longtemps que revenir à Lui n'est pas facile. Si je me suis toujours confessée régulièrement, par devoir, je ne me suis plus confiée à partir du jour où un prêtre m'a refusé l'absolution quand j'ai laissé éclater ma colère contre Dieu. Aujourd'hui, en me laissant exprimer ma douleur envers le Père, Jacques Blaquart me permet de renouer une relation avec Lui. En m'écoutant, sans me juger, il m'offre la possibilité d'entrer dans une démarche de pardon avec Dieu.
Depuis que j'ai commencé à être ressuscitée, je me « réapproprie » la Parole de Dieu, c'est-à-dire que je la rends propre.
Aimant la prière ignatienne, je lis la Bible tous les matins
Elle est un appui fort. Depuis que j'ai commencé à être ressuscitée, je me la « réapproprie », c'est-à-dire que je la rends propre, et je la fais mienne de nouveau. La Parole de Dieu porte en elle les clés de mes avancées. Dernièrement, un texte d'Isaïe m'a fendu le cœur. Dieu parle au peuple et lui dit : « Un court instant, je t'ai abandonné, mais dans ma grande tendresse, je te rassemblerai. » J'ai lu des dizaines de fois ces mots et, l'an dernier, c'était comme si j'entendais une ouverture au dialogue de la part de Dieu envers moi, une promesse.La parole – tout comme la Parole – libère réellement
Comme beaucoup de victimes d'un prêtre, j'ai écrit à Rome. J'ai raconté la profondeur de la veillée de demande de pardon et de réparation organisée avec l'évêque Blaquart et d'autres victimes en octobre 2016. Ce jour-là, mes larmes ont coulé avec celles de personnes de l'Église, nous avons dépassé les paroles creuses. Ensemble, ces pleurs ont lavé le passé et sont féconds pour l'avenir.Rome m'a répondu en écho à ces larmes, par une invitation à regarder celles de Jésus au tombeau de Lazare. Cette lettre m'a rappelé combien je me suis sentie dans ce tombeau, mais aussi qu'il est entouré de personnes qui proclament, en voyant Jésus : « Voyez comme il l'aimait. » Alors, un peu comme Lazare, je suis en train d'être relevée de la prison de mon passé. Parfois, lorsque, avec Jacques Blaquart, j'exprime ma souffrance, il me confie que cela lui est douloureux. Je souris et je lui réponds : « Alors, peut-être êtes-vous vraiment mon prochain ? » Alors peut-être, par sa considération envers moi, je peux dire que je redeviens enfant de Dieu.
Propos recueillis par Sophie Lebrun publié le 19/04/2017
vendredi 4 novembre 2016
"J'ai quitté ma loge pour le Christ"
« C'est un chemin progressif qui m'a amené à quitter la franc-maçonnerie.
La conversion d'un couple d'amis, Cyrille et Virginie, à Rocamadour, nous a mis en route, Frédérique, mon épouse, et moi, en 2011. Là-bas, nous avons rencontré des chrétiens au service des pèlerins et des touristes. En discutant avec eux, en voyant notamment ces jeunes croyants épanouis, en écoutant les enseignements du recteur du sanctuaire qui nous a accompagnés dans ce cheminement, en appréciant la liturgie du lieu, nous avons vécu un véritable bouleversement. Ce sont les chrétiens et l'Église qui nous ont convertis, par l'exemple. Je ne doute pas que Dieu nous parle à travers les hommes.
Comme la plupart des frères, je suis entré en maçonnerie par hasard.
Un ami, un jour, vous propose de le rejoindre dans une association d'hommes « cherchants »... Cette idée m'a séduit car j'étais en quête de sens et je pensais que toutes les voies étaient bonnes à prendre pour rechercher la cause première du monde. Mais ma rencontre avec Dieu est venue tout chambouler. En m'affirmant chrétien, j'ai compris que je n'avais plus de raison de m'incliner devant des objets ou de faire des prières à un dieu générique sans consistance, de suivre ces rites qui ressemblent à une messe mais sans la Présence...
La franc-maçonnerie ne dit pas de mal de l'Église
Je parle de la loge déiste que je fréquentais – et les rituels sont d'origine biblique, mais elle y ajoute des traditions païennes qui nivellent toute conviction. Tout se vaut. La dérive pour moi, c'est le syncrétisme (système philosophique ou religieux qui tend à faire fusionner des doctrines différentes). Alors que la foi chrétienne, elle, s'en remet à Dieu et à la rédemption pour que l'homme s'accomplisse, chez les maçons, l'homme va chercher son état parfait, « adamique », à partir d'une connaissance : c'est le principe de la gnose, hérésie d'origine grecque.
Un jour Frédérique m'a demandé de quitter la franc-maçonnerie,
ou plutôt redemandé ; ça a été le déclic : le Ciel me mettait face à un choix. Quatre jours après, j'expliquais à mes frères les raisons de ma démission. L'incompréhension fut totale, car j'étais un maçon très investi. Tout au long des années, cet engagement avait pris une place grandissante dans ma vie. J'étudiais passionnément. Mais je vivais cela seul, en écartant Frédérique : c'est difficile de partager ce que l'on reçoit d'une loge maçonnique, c'est comme décrire un film dans le détail, c'est plutôt barbant pour celui qui écoute... D'ailleurs, je lui en parlais de moins en moins. Le projet spirituel de notre mariage s'éteignait peu à peu. Lorsque Frédérique m'a demandé de quitter la maçonnerie, j'ai compris que j'avais été un conjoint défaillant. Ma dernière « planche » (travail que l'adepte présente à ses frères franc-maçons) aura été ma lettre de démission...
Au maçon et son secret, je préfère le chrétien qui se met en pleine lumière.
En quittant le groupe, j'ai cessé d'exister aux yeux de mes frères.
C'est une fraternité qui manque de profondeur. Je l'avais déjà constaté, notamment lorsqu'un frère était malade ou absent, et que personne ne se souciait de savoir ce qui se passait, mais je m'en aperçois encore plus aujourd'hui. Mon premier livre témoigne de notre conversion, il interroge indirectement le maçon sur le sens de l'édifice maçonnique et sur le conjoint laissé sur le bord du chemin. En parlant du couple, je pensais pouvoir peut-être toucher mes frères... Mais, après la parution de mon livre, la Meilleure Part, en 2015, je n'ai eu aucun retour, même négatif. Sans doute parce que, même si je reste respectueux de mon expérience passée, je démystifie ces rites que l'on prend trop au sérieux.
Aujourd'hui, je m'ouvre, je fais des rencontres enrichissantes
la maçonnerie est un cercle fermé. Elle flatte l'ego, on fait partie des élus, on passe de bonnes soirées mais c'est peu fécond. Pour autant, je ne regrette pas ces années qui m'ont construit, l'édifice est bien conçu, passionnant à étudier, et cela m'a conduit là où j'en suis aujourd'hui. Je me suis interrogé sur le sens de la vie, car j'étais dans une loge déiste, donc spirituelle, et non dans la maçonnerie de réseau, plus présente dans les loges politiques... Mais en tant que chrétien, il me paraît évident que je n'avais pas à poursuivre dans cette voie. Aujourd'hui, heureux de recevoir la joie des sacrements, pourquoi retournerais-je dans un théâtre où l'on se contente de faire semblant ? Pour moi, il y a une réelle incompatibilité entre foi et franc-maçonnerie.
Je suis heureux et fier d'être chrétien, j'ai vraiment de la chance
j'ai eu beaucoup de grâces sur ma route, j'ai vu beaucoup de signes... À plusieurs reprises, j'ai été touché par une parole d'Évangile. J'ai constaté que Dieu vient à nous et qu'on n'a pas trop besoin d'aller le chercher... La maçonnerie ne me manque pas. Au maçon et son secret, je préfère le chrétien qui se met en pleine lumière.
Je me suis rapproché de mon épouse,
et nos enfants prennent avec le sourire notre conversion car ils voient que nous sommes plus heureux. La foi chrétienne propose un programme de bonheur ; pour y parvenir, on s'en remet à Quelqu'un qui accorde à chacun de nous une valeur infinie, qui nous aime et nous invite à aimer. J'ai réalisé ce qu'était la joie du partage : si l'autre est digne d'être aimé de Dieu, pourquoi ne l'aimerais-je pas, moi aussi ? Frédérique et moi, nous avançons désormais ensemble sur notre chemin de foi, en paroisse et chez les Dominicains, où nous avons intégré une fraternité. Et la communion est une vraie joie pour moi. »
dimanche 17 juillet 2016
Des jeunes réalisent le portrait d’un Frère Mariste en vidéo
Par quel hasard un jeune homme d’une école de cinéma à Paris s’est-il présenté chez nous à la rue Dareau, un jour où j’étais de permanence à l’accueil ? Sans doute avait-il fait d’autres visites de ce genre auparavant. Avec trois de ses camarades de classe il devait réaliser une courte vidéo comportant un portrait.
Nous avons parlé longuement. Les personnes âgées, on le sait, aiment bien parler de leur passé. Dans cette 1re entrevue il a voulu savoir qui j’étais, pourquoi j’étais devenu Frère Mariste, comment mes parents avaient pris la chose ! J’étais parti au juvénat à 11 ans et demi. C’était bien jeune ! Pourquoi ne pas avoir choisi d’être prêtre ? Et qu’en était-il de ma vie d’enseignant ? Et cette retraite à Paris… ? Pas de regrets de n’avoir pas eu mes propres enfants ? Finalement pouvais-je dire sincèrement que j’étais heureux ? Il paraissait intéressé. Sans doute découvrait-il un monde assez étrange pour lui !
A la fin de l’entretien il m’a demandé si j’accepterais de parler devant la caméra. Non sans hésitations j’ai dit oui. Une semaine plus tard il est revenu avec une camarade de son équipe. A nouveau j’ai dû satisfaire leur curiosité sympathique. Avant de me quitter ils m’ont gentiment demandé si j’étais toujours d’accord. Ils m’ont assuré qu’ils n’avaient nullement l’intention de me « piéger » ! J’ai surmonté mes appréhensions et rendez-vous a été pris pour le mois de mars. Cette fois ils sont revenus à quatre avec tout le matériel nécessaire. Le travail était sérieux - vous pourrez vous en rendre compte ! Dans le montage qu’ils ont réalisé vous retrouverez quantité de détails qu’ils ont observés dans notre maison et dont ils ont su tirer parti.
Ils sont revenus présenter leur travail deux mois plus tard. Un vrai travail d’artiste. Je les ai félicités. Ils ont obtenu une bonne note. Je crois qu’ils l’ont méritée ! J’ai cru bon de rendre publique cette vidéo. Certains se demanderont peut-être si j’ai bien fait. (La vidéo a été réalisée en 2014)
fr Bernard Méha
mardi 26 avril 2016
Guy Gilbert : « Dieu fait des miracles dans ma vie »
(Les extraits que vous trouverez ci-dessous sont tirés de la revue La Vie, « les Essentiels ». L’article est daté du 22/03/2016.)
Guy Gilbert : Dieu fait des miracles dans ma vie
Guy Gilbert : Dieu fait des miracles dans ma vie
"Depuis 50 ans, le célèbre prêtre-éducateur vit avec les jeunes délinquants dans les quartiers nord de Paris et dans sa ferme provençale. […]
"Le premier môme que j’ai hébergé était un gosse de 12 ans errant dans les rues de Blida, en Algérie. […]
"Depuis 50 ans, je vis dans la violence. Aux côtés des loubards, j’ai été obligé de me battre pour défendre les plus démunis, de passer des nuits dans les bars ou les commissariats, des heures au tribunal à plaider la cause de gamins, qui, aux yeux de leur mère, n’étaient plus dignes d’être regardés. […]
"J’insuffle à ces jeunes de l’espérance par ma présence, rien d’autre. Comment un gosse, matraqué par ses parents, analphabète, complètement cassé, peut-il croire en l’amour humain ? Et en l’amour de Dieu ? […]
Sans la présence de Jésus à chaque instant, je n’aurais jamais tenu dans mon sacerdoce de près d’un demi-siècle, où les violences, les morts, les vies naufragées ont été mon quotidien.[…]
"J’ai pu perdre espoir, l’espérance jamais. Au bout de l’espérance, il y a le Christ et Il nous accompagne chaque jour sur ce chemin, même si nous l’ignorons. J’ai vu des tas de jeunes se relever de façon extraordinaire. J’ai vécu d’innombrables échecs aussi. […]
"Il n’y a pas de résurrection sans croix. Si un chrétien oublie ça, il oublie tout. Et chaque jour je passe par la croix qui m’est donnée. L’eucharistie que je célèbre tous les matins, intimement ancrée dans le mystère pascal, m’amène au bonheur de croire qu’à chaque jour qui nous est donné nous pouvons vivre une renaissance. […]
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