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mercredi 20 juin 2018

Des traitements naturels pour un jardin sain


Noémie Vialard , le 16/06/2018 dans le Journal LaCroix
 
Il existe de nombreuses astuces pour venir à bout des désagréments touchant nos cultures, sans avoir affaire à des produits polluants et toxiques.

Comme insecticide et fongicide, les tisanes, décoctions et purins de plantes portent secours aux autres plantes. Ces extraits contribuent à l’équilibre et à l’harmonie du jardin. Avec fermentation ou non, ils viennent en complément d’un bon entretien du jardin.

Le plus connu, c’est le purin d’ortie : stimulant, fournisseur d’aliments assimilables rapidement, il offre aux végétaux une résistance accrue aux maladies et aux ravageurs.

Si la consoude possède les mêmes qualités, bien d’autres plantes sont fort utiles, car, riches en oligo-éléments, azote, potassium et magnésium. Et surtout, certaines associations, comme l’ortie et la consoude, sont de vrais remèdes miracles. Ces extraits ne sont pas à proprement parler des insecticides ou des fongicides. Ce sont surtout des appuis de croissance et de force pour les végétaux, leur permettant de lutter, et des aides à la vie microbienne du sol.

Mais en plus de ces préparations à base de plantes, on peut concocter des mixtures composées de produits naturels : par exemple, avec du bicarbonate de soude, du savon noir ou de l’huile végétale, on fabrique un insecticide.

Avec de l’argile, une infusion de prêle, toujours du bicarbonate de soude, et quelques gouttes d’huile essentielle de thym, on cuisine un fongicide.

Il existe un tas de combines pour éliminer les limaces, comme la bière dans laquelle, gourmandes, elles viennent se noyer.

Pour désherber ? Essayez le vinaigre blanc ou l’eau de cuisson, bouillante, des pommes de terre… Les huiles essentielles de citronnelle, de géranium rosat, d’eucalyptus sont des anti-moustique efficaces… (La Croix du 16/06/18)


La consoude

 La consoude est une plante vivace très robuste, à la floraison très décorative. Cette belle plante fait partie de la famille des Boraginacées. Elle serait originaire d’Europe et d’Asie septentrionale. Ses grandes feuilles vertes, rugueuses et velues sont portées par des tiges poilues. Ses jolies clochettes de différentes couleurs fleurissent de mars à août selon les espèces.
La consoude est utilisée depuis 2 000 ans en médecine traditionnelle. Elle est utilisée aussi de nos jours dans le traitement des contusions ou des entorses. Elle favorise la cicatrisation des blessures. Elle dispose de propriétés émollientes et expectorantes.
En cuisine, elle servait autrefois comme composant dans les salades ou les soupes. Elle a aussi été utilisée comme plante fourragère grâce à sa haute teneur en protéines et sa faible teneur en cellulose. On la considérait comme un aliment de choix pour les volailles et les porcs.
Attention : la consoude contient des pyrrolizidines, qui sont des substances très toxiques pour le foie, pouvant causer des troubles hépatiques graves. De ce fait, il est recommandé de limiter l’usage de la consoude aux applications externes.


Voir ce que dit "wikipedia" de cette plante et regarder des reproductions


jeudi 1 juin 2017

Ungersheim, un village toujours en transition (article tiré du Journal La Croix)

Mise en vedette par le film « Qu’est-ce qu’on attend ? », la commune alsacienne continue de lancer des initiatives pour avancer sur la voie de la transition énergétique.

Voir: http://www.la-croix.com/France/Ungersheim-village-toujours-transition-2017-04-26-1200842517

L’imposant camping-car est garé sur la place de la mairie. Il a transporté jusqu’à Ungersheim une visiteuse venue de loin : Marta Isabel Ferreira est ministre de « l’agriculture familiale » de la province argentine de Misiones. Mariée à un Français, elle a profité d’un voyage privé dans l’Hexagone pour faire un crochet par le village alsacien et rencontrer son maire, Jean-Claude Mensch.


 Reconduit sans discontinuer depuis 1989 à la tête de ce bourg de 2 600 âmes situé à 15 kilomètres de Mulhouse, l’élu divers gauche, ex-membre d’Europe Écologie-Les Verts, a l’habitude de ce genre de sollicitations. « J’en ai tout le temps et c’est tant mieux », assure-t-il. Car cet ancien mineur et syndicaliste CGT a beaucoup à dire et à montrer. Il a progressivement transformé sa commune en laboratoire du vivre-autrement dans la perspective de l’après-pétrole.

« L’expérimentation d’un autre modèle »

Ferme solaire, chaufferie au bois, régie agricole, monnaie locale alternative, repas bio, éco-hameau, utilisation d’un cheval pour le transport scolaire… De mandat en mandat, les initiatives se sont multipliées pour réduire la dépendance énergétique et alimentaire d’Ungersheim. « On est vraiment dans l’expérimentation d’un autre modèle, résume l’édile, par ailleurs végétarien assumé et militant antinucléaire. Mais notre engagement est reproductible et adaptable à d’autres territoires. »
Ce caractère exemplaire a été renforcé par le documentaire Qu’est-ce qu’on attend ?, tourné à Ungersheim par la journaliste Marie-Monique Robin. Sorti sur grand écran l’an dernier, le long métrage a mis en lumière les multiples actions locales. Il continue de « tourner » en France, de forums en débats. C’est d’ailleurs parce que Marta Isabel Ferreira connaît la réalisatrice qu’elle est venue jusqu’à Ungersheim.

Quelques panneaux solaires…

La municipalité n’a pourtant rien inventé. Mais elle a su mettre en œuvre à peu près tout ce qui peut exister en matière d’innovation, dans le but d’encourager des comportements plus respectueux de l’environnement. « Ce qui nous distingue, c’est que ce sont des élus qui sont à l’origine de ces initiatives », ajoute Jean-Claude Mensch. Aux citoyens de prendre le relais, comme pour les énergies renouvelables.
La mairie a lancé le mouvement en 2000 en décidant de chauffer la piscine municipale avec des panneaux solaires par souci d’économie. Par la suite, les toits du groupe scolaire, du dojo et du club-house du stade ont été équipés de même. Une chaufferie à bois a également été construite pour alimenter sept bâtiments publics. Désormais, la commune accompagne un groupe d’habitants qui doit créer sa propre installation solaire collective. « Jean-Claude Mensch n’arrête pas, je n’arrive plus à le suivre », dit en riant Xavier Baumgartner.
Cet autre militant antinucléaire dirige Hélios Développements, une société mulhousienne choisie pour lancer et gérer le projet communal le plus spectaculaire : une centrale photo-voltaïque aménagée sur un ex-site minier des potasses d’Alsace, le terril Marie-Louise, en partie situé à Ungersheim. Le maire à la fibre écolo a d’abord préempté les terrains qui relevaient de son pouvoir et que certains voulaient réutiliser pour stocker des déchets. Et il a entraîné ses voisins de Feldkirch et Staffelfelden dans l’aventure.

De la graine à l’assiette

Quant aux voisins allemands, ils ont été sollicités pour apporter les investissements nécessaires. Inaugurée en 2012, l’installation produit aujourd’hui l’équivalent de l’énergie consommée par 10 000 habitants. Les panneaux sont disposés sur 55 bâtiments ou auvents qui peuvent abriter des entreprises. Une quarantaine de salariés y travaillent déjà, d’autres vont suivre, et une nouvelle centrale du même type est en projet sur un autre ancien site minier, le terril Alex.
La filière agricole, baptisée « De la graine à l’assiette », suit la même logique. La mairie a d’abord acheté 8 hectares et les a mis à disposition de l’association Icare, qui a créé les « Jardins du trèfle rouge ». Vingt-cinq maraîchers en contrat d’insertion cultivent une soixantaine de variétés de légumes en bio. « Pour eux, c’est un tremplin », indique Lucile Zwingelstein, une des permanentes de la structure.

La majeure partie de cette production est destinée à être vendue en circuit court, via 250 paniers préparés sur place. Les légumes déclassés sont consommés par les salariés. Certains des topinambours et des carottes finissent aussi dans les estomacs des écoliers, la municipalité ayant décidé de produire des repas 100 % bio – goûters compris – dans sa propre cuisine collective. Laquelle est alimentée par de l’électricité solaire, naturellement…

Des centaines de personnes impliquées

Pour poursuivre dans cette voie, la mairie a créé une régie agricole chargée d’exploiter directement des terres. Dans le même temps, elle a aidé à l’émergence d’une conserverie associative, La Potassine. L’ensemble de cette politique trouvera sa vitrine avec la Maison des natures et des cultures, qui devrait être inaugurée en septembre. Cette ferme conçue en matériaux écologiques abritera les mètres carrés nécessaires aux Jardins du Trèfle rouge et à La Potassine. Elle servira également de lieu de formation et de centre pédagogique.
La mairie va, enfin, mettre d’autres hectares à disposition d’un groupe d’habitants qui veulent se lancer dans l’agriculture à plusieurs. « La partie la plus difficile de la démarche de transition, c’est la participation des citoyens », reconnaît Jean-Claude Mensch. Pour les encourager, des commissions participatives ont été mises en place. Dans les faits, seul un noyau dur d’une cinquantaine de personnes est véritablement mobilisé.
S’y ajoutent les administrés « sensibilisés » : écoliers, utilisateurs de la monnaie locale, le « Radis », membres des associations… « Cela fait des centaines de personnes qui sont impliquées de près ou de loin, reprend le maire. Cela ne signifie pas forcément qu’elles s’engagent, ni qu’ils sont majoritaires. Mais la prise de conscience, elle, est majoritaire. On est élus et réélus. »

Un pari payant politiquement

Aux dernières élections municipales, en 2014, sa liste s’est imposée dès le premier tour, avec 52 % des suffrages dans un secteur qui penche à droite. Arrivée en deuxième­ position du scrutin avec 25 % des voix, Catherine Muller ne trouve d’ailleurs rien à redire sur les choix effectués en matière d’écologie. « On ne peut pas être contre, c’est l’avenir », commente-t-elle.
Cette politique attire aussi de nouveaux habitants, à l’image d’Anne-Catherine Douvenotz. Dans une autre vie, cette Alsacienne de 38 ans habitait un logement « classique » à Colmar. Elle réside depuis juillet dernier dans l’éco-hameau d’Ungersheim avec son époux médecin et leurs deux fillettes. « On a toujours rêvé d’une maison de paille », avoue-t-elle. Conçu avec des matériaux écologiques, son chez-soi à l’ossature en bois est effectivement isolé grâce à de la paille.

Logements verts

L’appartement est ainsi « passif ». Il consomme un minimum d’énergie, comme les huit autres construits à côté. Là aussi, la municipalité a eu un rôle déclencheur. Elle a racheté un domaine qui appartenait à un industriel suisse et l’a revendu en partie à des familles voulant se lancer dans l’autopromotion de ce projet écologique et solidaire. « On est réunis par des valeurs communes », rappelle Anne-Catherine. En contrepartie, il leur a été demandé de signer une charte visant à respecter de grands principes, comme l’utilisation de matériaux durables d’origine locale.
Une nouvelle tranche de logements est dans les cartons, tout comme d’autres chantiers, dont l’ouverture d’une épicerie biologique. L’objectif est toujours le même : proposer un autre modèle, sans passer en force. « Demander des changements, ce n’est pas facile, reconnaît Jean-Claude Mensch. Dès qu’on rend les choses obligatoires, cela donne l’effet inverse. Il faut que le projet soit séduisant, qu’il donne envie. Mais Ungersheim est un village comme les autres, pas une île. » Devant la place de la mairie où est stationné le camping-car, des camions continuent de circuler.

De la potasse au solaire

Des mines de potasse, un minerai utilisé pour produire de l’engrais, ont été exploitées à partir du début du XXe siècle dans la plaine d’Alsace, au nord de Mulhouse. Une vingtaine de puits ont été creusés. L’exploitation s’est terminée en 2002.
Le carreau Rodolphe, situé sur les communes d’Ungersheim et de Pulversheim,
est le principal témoin de cette époque. Rachetées en 1987 par l’Ecomusée d’Alsace et le Conseil général du Haut-Rhin, ses installations minières ont été sauvegardées.
Ungersheim a été retenu en décembre 2016 par le ministère de l’écologie parmi les 93 nouveaux « territoires à énergie positive pour la croissance verte ».
La signature d’une convention avec l’État va permettre à la commune de bénéficier de 1,5 million d’euros d’aides publiques.
Pascal Charrier (à Ungersheim, Haut-Rhin)